relations villes-campagnes

La Lettre du Réseau rural français : août 2016

La publication du Réseau rural s'arrête notamment sur :

  • Le pacte pour la ruralité, signé en juin 2016 par la Région Pays de la Loire, soit huit objectifs et 37 mesures en faveur du renforcement de l’équilibre territorial dans la région.
  • Le plaidoyer du Mouvement européen pour la ruralité en faveur d'un livre blanc de la ruralité, qui nourrirait ainsi la programmation européenne post-2020.
  • Deux projets lauréats de l'appel à projets Mobilisation collective pour le développement rural, à savoir la mise en place d'un réseau rural agroforestier français, et "Clusters, territoires et lien rural/urbain" qui défend l’idée que de ces réseaux et de leur lien avec le territoire peuvent naître des innovations en faveur du développement rural.

"La périurbanisation offre une revanche aux villages"

Pour comprendre la formule, il faut lire le texte d'Eric Charmes publié le 24 octobre 2017 dans La Vie des idées. Pour le chercheur en sciences sociales appliquées aux questions urbaines et à l'urbanisme, et à contrecourant du discours/diagnostic qui oppose la richesse des villes à la pauvreté des campagnes, "les territoires en crise sont (...) avant tout des cœurs de ville, des territoires très urbains" ; en profitent alors "des campagnes périurbaines qui prennent le pouvoir".

15 pactes métropolitains d'innovation, déclinaison du pacte État-métropole

Sept mois après la signature du Pacte État-métropoles, le 6 juillet 2016 à Lyon, le gouvernement et les présidents de métropoles se sont réunis le 1er mars 2017. Un dossier de presse, produit pour l'occasion, présente les 15 pactes, dont ceux de Grenoble-Alpes (signé le 9 février 2017) et celui de Lyon (signature à venir) et rappelle que "chaque pacte comporte un volet "coopération" qui scelle une contractualisation entre la métropole considérée et des espaces proches, périurbains, ruraux, villes petites et moyennes, y compris transfrontaliers". Le projet de loi relatif au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain, adopté par l'Assemblée nationale le 16 février 2017, prévoit par ailleurs la création de sept nouvelles métropoles au 1er janvier 2018, dont Clermont-Auvergne Métropole et Saint-Étienne Métropole. Enfin, la mise en oeuvre d’un Observatoire des dynamiques métropolitaines et des coopérations interterritoriales a été évoquée.

Actes du colloque "Territoires urbains et Parcs naturels régionaux"

Fin 2017, un colloque réunissait les PNR à Mulhouse pour explorer les nouveaux enjeux des relations entre Parcs et territoires urbains et construire des propositions qu’ils porteront lors de leur Congrès 2018 (les 10 et 11 octobre 2018 dans le Parc naturel régional du Pilat) consacré précisément à ce thème. Des actes de cette rencontre sont à présent en ligne.

Agir en faveur du dialogue et des coopérations entre villes et campagnes

En décembre 2016, Cap Rural a organisé, en partenariat avec Mairie-conseils - Caisse des Dépôts, une session d’exploration sur les relations villes-campagnes.  

Les liens d’interdépendances et de complémentarités entre territoires ruraux et urbains renvoient effectivement à de multiples enjeux communs (aménagement, développement, cohésion, transition, résilience…) et offrent de nombreuses opportunités de dialogue et de coopérations. 

Agriculture en ville : et si l'on parlait de ruralification ?

Olivier Bories, maître de conférences en aménagement de l’espace (forêt, paysage, espaces naturels) à l'Ecole nationale de formation agronomique (ENFA), distingue plusieurs agricultures urbaines : les agricultures urbaines professionnelles  (ex. : maraîchage), les non professionnelles (ex. : potagers), et les hybrides (portées par des structures privées qui poursuivent des intentions à la fois productives et sociales). "Les agricultures urbaines qui se développent à l’échelle mondiale sont des « extraits de campagne » qui pénètrent la ville, réactivant l’utopie de la cité fertile. Or si l’on connaît mieux la périurbanisation, il faut désormais s’intéresser à la ruralification. Jamais nommé ainsi, ce phénomène social désigne l’insertion de l’activité agricole dans un espace qui ne lui est pas dédié et peut-être à des modes de pensée empruntés au monde rural". Explication de ce concept par Olivier Bories.

Agriculture urbaine : potentiel de développement et impacts sur l'environnement et l'aménagement des territoires

Julien Fosse, vétérinaire et biologiste, chef de projet "agriculture et biodiversité" à France Stratégie, propose un état des lieux (ambition, typologie, production, liens à des systèmes alimentaires territorialisés) de l’agriculture urbaine en France et s’interroge sur ses potentialités en matière de production alimentaire (quantités faibles), d’emplois (vivier non négligeable) et environnementaux (globalement positifs pour les villes). Pour l’auteur, "développer l’agriculture urbaine implique aussi d’interroger les segmentations entre villes et campagnes, classiquement envisagées comme séparées par des fronts urbains clairement définis, pour réfléchir à l’imbrication étroite d’usages et de productions, entrant parfois en compétition sur un territoire partagé. Ainsi, développer l’agriculture urbaine implique, pour les décideurs publics, de repenser la gouvernance de leurs territoires afin de faciliter au mieux cette fluidité et cette imbrication entre ville et campagne."

Agriculture urbaine : une diversité de formes et de fonctions

Dans une "Note rapide" de juin 2018, l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France et ses partenaires reviennent sur les fondamentaux de l'agriculture urbaine et distinguent cinq grandes formes et quatre fonctions principales. Et ce document de préciser que "l’agriculture urbaine est ainsi devenue un incontournable des politiques de la ville. Si les collectivités ont déjà bien perçu les nombreux services potentiellement rendus, il leur faut souvent s’adapter pour en permettre le développement (...) [et] de plus en plus de collectivités se dotent de chargés de mission "agriculture urbaine" (...) [et] manifestent le besoin d’être épaulées".

Appel à manifestation d'intérêt : France mobilités - territoires d'expérimentation de nouvelles mobilités durables (TENMOD)

Pour toutes personnes morales de droit public compétentes en matière de mobilité (des personnes ou des marchandises) : EPCI, départements, PNR, communes, PETR, syndicats mixtes - avant le 13 décembre 2019

Proposée par le Ministère chargé des transports et l’ADEME, cette nouvelle édition poursuit les dynamiques locales engagées précédemment et s'adresse désormais également aux territoires périurbains. L'AMI est structuré selon les trois axes suivants : expérimentations innovantes de mobilité durable dans les zones peu denses ; réponse aux besoins de mobilité des habitants des zones périurbaines dans une logique de continuité territoriale ; mise en relation, au travers un accompagnement dédié, des offreurs de solutions et des territoires bénéficiant de cellules régionales d'appui déjà opérationnelles (dont Auvergne-Rhône-Alpes) et rencontrant des problématiques de mobilité singulières.

Appel à projets : culture et patrimoine

Pour organismes à but non lucratif (associations) ou à gestion désintéressée (collectivités territoriales, établissements publics, groupements d'intérêts, coopératives...) du territoire de la communauté d'agglomération Riom Limagne et Volcans - avant le 30 septembre 2019

Créée en 2016 sous l'égide de la Fondation de France, la fondation RIOM Terre d'Auvergne a pour objet le développement culturel et patrimonial du territoire de la communauté d'agglomération Riom Limagne et Volcans. Elle souhaite que son territoire soit partenaire de la métropole clermontoise pour la candidature de Clermont-Ferrand, capitale européenne de la culture en 2028. Tout projet innovant, culturel ou patrimonial, peut être concerné et soutenu financièrement par la fondation.

Arrêter la CAME (compétitivité, attractivité, métropolisation, excellence)

Titre déformé d'un article, "conçu comme un essai" par ses auteurs Olivier Bouba-Olga et Michel Grossetti (Université de Poitiers), intitulé réellement "La mythologie CAME (Compétitivité, Attractivité, Métropolisation, Excellence) : comment s’en désintoxiquer ?". Celui-ci entend déconstruire "l’émergence d’une mythologie séduisante dans le champ du développement économique : l’approfondissement de la mondialisation plongerait l’ensemble des territoires face à un impératif de compétitivité, seules quelques métropoles pouvant rivaliser pour attirer les talents et les leaders de demain, métropoles qu’il conviendrait donc de soutenir en concentrant les efforts sur l’excellence." Et propose une analyse des différents composants de la CAME ainsi que quelques éléments de réflexion sur des alternatives envisageables.

Assurer la complémentarité entre ville métropolitaine et périphérie urbaine

"Avec la crise sociale et démocratique que connaît la France, il est devenu courant d'opposer les grands centres urbains et une supposée « France périphérique ». Mais plutôt que de construire de telles oppositions, propose la géographe Cynthia Ghorra-Gobin, il est sans doute temps d'articuler d'un point de vue théorique et pratique la « métropolisation des emplois » et la « périurbanisation de l'habitat », dans le but de réduire les coûts directs et indirects supportés par les ménages modestes". Dans un court article, l'universitaire explore la thématique de l'articulation entre la métropole et sa périphérie à partir d'une analyse comparée entre deux métropoles (Lyon et Minneapolis Saint Paul aux États-Unis). "Il sera question de la reconnaissance de la dimension historique du territoire, de l'impératif d'imaginer une évolution de la morphologie spatiale du périurbain et de la prise de conscience du pouvoir politique de la métropole face aux autres instances décisionnelles." Et la géographe de plaider pour envisager une relation de complémentarité entre la ville-centre, la métropole et les territoires adjacents.

Cap Rural est lauréat de l'appel à projet AFE/Région AURA "Entrepreneuriat dans les territoires fragiles"

"Développer des coopérations villes-campagnes pour favoriser les mobilités et la création d'activités" figure au nombre des 16 projets retenus dans le cadre de l'appel à projets lancé en décembre 2017 par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et l'Agence France Entrepreneur (AFE). L'ambition de la démarche proposée par Cap Rural est de structurer une dynamique et de dépasser l'expérimentation en allant vers des actions innovantes et plus ambitieuses à l'échelle régionale et ce jusqu'à juin 2020. Les objectifs sont doubles :

  • Accompagner des actifs urbains, candidats potentiels à une installation à la campagne : plus et mieux
  • Mettre en réseau les territoires ruraux, les acteurs de l'accompagnement, mutualiser et transférer des outils : professionnaliser

Pour ce projet à la fois novateur et concret, Cap Rural coordonne et accompagne des territoires ruraux d'Auvergne-Rhône-Alpes en partenariat avec Les Localos et Macéo.

Chômage : quels territoires profitent le plus de la reprise ?

"Depuis deux ans, l’économie française va mieux et le chômage tend à diminuer. Quels sont les territoires qui en profitent le plus, interroge le Centre d’observation de la société ? Les réussites sont très éparpillées et en tous cas les métropoles ne s’en sortent pas spécialement mieux que les autres parties du territoire."

Clusters, territoires et lien rural/urbain : deux nouvelles publications

Le projet "Clusters, territoires et lien rural/urbain", porté par France Clusters, est lauréat de l’appel à propositions "Mobilisation Collective pour le Développement Rural" (MCDR) porté par le Réseau Rural Français. Il défend l’idée que des clusters et de leur lien avec le territoire peuvent naître des innovations en faveur du développement rural et s’intéresse tout particulièrement au lien urbain-rural. Des guides de bonnes pratiques sont élaborés, dont deux viennent d'être publiés. Le premier, "Lieux d’innovation, lieux physiques de mutualisation de services et coopération rural/urbain", porte sur les lieux d’innovation, au sens de lieux physiques de mutualisation de services au profit d’entreprises (formes des lieux, types de services, étapes et conditions de mise en œuvre...). Le second, "Clusters et territoires locaux", vise à présenter des formes d’animation économique du territoire et de coopération entre les Pays / Pôles territoriaux et le tissu entrepreneurial local.

Coopération ville-campagne en Suisse : l'exemple de Köniz

Alors que des élues du Parti socialiste local envisagent depuis l'été 2014 une séparation du canton de Zurich en deux demi-cantons, un urbain, l'autre rural, l'association suisse pour l'aménagement national VLP-ASPAN annonçait une journée d'étude intitulée "Défis entre ville et campagne" le 4 septembre 2014. En préparation de cette rencontre a eu lieu une longue interview de l'ancien syndic de la commune d'agglomération de Köniz (40 000 habitants), distingué pour sa stratégie en matière de développement urbain et qui a doté sa commune d'une identité à la fois urbaine et rurale. Retour sur ses expériences en matière de coopération.

Coopérations entre territoires urbains et forestiers

L'Observatoire régional de la forêt méditerranéenne (Ofme) de (PACA) revient sur une journée de travail et d’échanges entre territoires urbains (notamment métropolitains) et forestiers qui a abordé trois sujets : la forêt dans les documents d’urbanisme, la réciprocité entre urbain et rural, le développement de nouvelles filières territoriales basées sur la valorisation des pins méditerranéens.

Coopérations urbain/rural : un 4e contrat de réciprocité signé

Ce type de contrats avait émergé lors des Assises de la ruralité (2014). Trois contrats se sont concrétisés : entre la métropole de Toulouse et les portes de Gascogne, entre Brest et le pays Centre Ouest Bretagne, entre la communauté de communes Monts de Lacaune et Montpellier-Méditerranée Métropole. Le 10 avril 2019, un nouveau contrat de réciprocité a été signé entre Nantes Métropole et le Pays de Retz sur quatre thèmes de travail : les mobilités, l'alimentation, le développement économique et le tourisme.