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"Cinq types de ruralité pour en décrire la diversité" : nouvelle typologie des espaces ruraux dans un article de l'Insee consacré à la région Auvergne-Rhône-Alpes

Dans un article paru en février 2019, deux auteurs de l'Insee rappellent d'abord quatre approches existantes avant de les emboîter : rural morphologique (par rapport à l'unité urbaine - et donc 1,8 million d'habitants sur les 7,8 millions en Auvergne-Rhône-Alpes en 2014), rural isolé, rural très peu dense, et "communes les moins denses et avec un lien fonctionnel à la ville plus faible". Ils aboutissent alors à un gradient de ruralité, en fonction de la densité et de l'éloignement aux pôles d'emplois et aux services, formant grossièrement plusieurs couronnes autour des villes : le rural périphérique, le rural couronne éloignée, le rural bourg, le rural très peu dense et le rural éloigné (ainsi qu'une catégorie "autre rural", non décrite). Pour Géoconfluences, le site expert ENS/DGESCO de géographie, "cette typologie offre un regard complémentaire par rapport à celles existantes".

"La périurbanisation offre une revanche aux villages"

Pour comprendre la formule, il faut lire le texte d'Eric Charmes publié le 24 octobre 2017 dans La Vie des idées. Pour le chercheur en sciences sociales appliquées aux questions urbaines et à l'urbanisme, et à contrecourant du discours/diagnostic qui oppose la richesse des villes à la pauvreté des campagnes, "les territoires en crise sont (...) avant tout des cœurs de ville, des territoires très urbains" ; en profitent alors "des campagnes périurbaines qui prennent le pouvoir".

"Quand on dit « droit à la mobilité », cela doit aller aussi de pair avec « droit à la proximité» ou « droit à l'immobilité »"

Extrait des propos tenus par Vincent Kaufmann, sociologue à l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne, qui, dans un long entretien à la revue en ligne Urbanités, décortique le concept de mobilité et son évolution, notamment vis-à-vis de la question de l'ancrage territorial local. Il y précise sa préférence pour la notion de "motilité", dont il est l'inventeur, "qui permet de mesurer l'aptitude à se mouvoir dans la diversité, c'est-à-dire aussi bien l'aptitude à la réversibilité que l'aptitude à l'ancrage". Il s'étend également sur les questions de service public et d'opérateurs privés, sur l' "énorme enjeu" que représentent l'intégration tarifaire et l'intégration de l'information, sur les limites du "tout smartphone". Il pose enfin la question de la voiture autonome : sera-t-elle individuelle ou collective ?

Analyses de géographes sur les inégalités territoriales

En juillet 2017, France Stratégie, organisme de réflexion, d’expertise et de concertation placé auprès du Premier ministre, publiait une note intitulée "Dynamiques et inégalités territoriales". La Gazette a proposé à deux géographes, Gérard-François Dumont et Daniel Béhar, d'analyser les constats et les propositions de France Stratégie et les conséquences de la réforme territoriale. Une interview croisée et riche, sous le titre "Inégalités territoriales : un enjeu de la présidentielle ?"

Appel à intérêt : expérimenter une méthodologie d'inventaire, d'animation et de valorisation du patrimoine culturel immatériel

Pour territoires pilotes, qui bénéficieraient ainsi d'un accompagnement à titre gracieux

Si les territoires sont riches d'un patrimoine immatériel et vivant, sa valorisation demeure souvent insuffisante. Comment alors le transmettre aux générations futures ? Le Pôle d'innovation territorial de l'université d'Aix-Marseille, implanté à Digne-les-Bains (berceau du concept de Géoparc), a mis au point une méthode afin de mieux identifier ces ressources et de faire émerger des projets intéressant l'ensemble d'une communauté. Elle sert de support à une formation-action de deux jours qui a pour objectif de mobiliser tous les acteurs (élus, techniciens, associations, citoyens...) souhaitant confronter leurs points de vue quant aux potentialités de leur territoire de vie, en vue de coproduire et de porter un projet partagé dont ils seront les ambassadeurs.

Approches territorialisées des usages de la forêt

Tel était le titre d'un colloque monté en janvier 2017 par le Réseau SEHS des sciences économiques humaines et sociales du Groupement d'Intérêt Public Ecofor, qui rassemble les principaux organismes forestiers français. Trois thématiques principales ont été traitées : la fourniture de biens et services forestiers à une échelle territoriale et de contributions à l’identité du territoire ; la forêt, source de tensions dans les territoires ; les territoires (collectivités locales et acteurs de terrain), berceaux d’instruments innovants pour la forêt. Toutes les contributions des chercheurs, gestionnaires ou acteurs sont à présent en ligne.

Arrêter la CAME (compétitivité, attractivité, métropolisation, excellence)

Titre déformé d'un article, "conçu comme un essai" par ses auteurs Olivier Bouba-Olga et Michel Grossetti (Université de Poitiers), intitulé réellement "La mythologie CAME (Compétitivité, Attractivité, Métropolisation, Excellence) : comment s’en désintoxiquer ?". Celui-ci entend déconstruire "l’émergence d’une mythologie séduisante dans le champ du développement économique : l’approfondissement de la mondialisation plongerait l’ensemble des territoires face à un impératif de compétitivité, seules quelques métropoles pouvant rivaliser pour attirer les talents et les leaders de demain, métropoles qu’il conviendrait donc de soutenir en concentrant les efforts sur l’excellence." Et propose une analyse des différents composants de la CAME ainsi que quelques éléments de réflexion sur des alternatives envisageables.

Assises régionales de la Recherche, de l’Innovation et du Développement (RDI) en agriculture, agroalimentaire et forêt : document de restitution

Ces Assises, auxquelles Cap Rural a participé, ont été organisées en décembre 2016 par la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Temps d’échanges et de travail entre les acteurs concernés et impliqués, elles ont contribué à construire la mise en réseau de ces acteurs à l’échelle de la nouvelle région. Une restitution a été publiée, qui a vocation à constituer une base de référence pour choisir des thématiques prioritaires en matière de RDI pour le territoire régional.

Auvergne-Rhône-Alpes : état des lieux et analyse des actions prenant en compte la mobilité dans la vulnérabilité énergétique

Les travaux menés ces dernières années montrent que la précarité énergétique est liée non seulement aux dépenses énergétiques dans les logements mais aussi aux déplacements. Ce dernier point représente une part non négligeable dans la précarité énergétique et, contrairement aux aspects liés au logement, les solutions sont encore partiellement identifiées et mises en œuvre. PEnD-AURA (Précarité Énergétique en matière de Déplacement en Auvergne-Rhône-Alpes) est un des lauréats de l'appel à projets national pour lutter contre la précarité énergétique. Ce programme consiste à initier et mettre en œuvre, dans les politiques des collectivités territoriales et des bailleurs sociaux, un accompagnement et des actions concrètes pour réduire la précarité des personnes exposées à une vulnérabilité énergétique en matière de déplacements. Un premier document fournit une image des actions potentielles en matière de mobilité pour les publics précaires et leurs conditions de succès.

Camping résidentiel en marge des métropoles : étude sur une forme d'habitat précaire en milieu rural et périurbain

Le Grand Prix du Prix (annuel) de thèse sur la ville, organisé par le Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA), l'Association pour la Promotion de l'Enseignement et de la Recherche en Aménagement et Urbanisme (Aperau internationale) et l'Institut CDC pour la Recherche, a été décerné en mai 2019 à Gaspard Lion pour sa thèse de doctorat en sociologie "Habiter en camping. Trajectoires de membres des classes populaires dans le logement non ordinaire". Une thèse qui sort des villes pour documenter et analyser les ressorts de situations de pauvreté et de difficultés de logement jusqu'alors quasi exclusivement pensées selon une grille de dynamiques, d'enjeux et de rapports sociaux liés au cadre urbain.

Cap Rural au comité de rédaction de la revue POUR

Cap Rural au comité de rédaction de la revue POUR

Cap Rural participe désormais au comité de rédaction de cette publication qui, depuis 1967, publie plusieurs fois par an des dossiers d’environ 200 pages sur des questions rurales à destination des chercheurs, élus et professionnels du développement.

Cap Rural contribue et alimente ainsi ce comité de rédaction avec les réalités et les enjeux des territoires ruraux de Rhône-Alpes. Selon les cas, nous mobiliserons différents acteurs (élus, agents de développement, institutionnels, membres de la société civile organisée…) de la région pour co-écrire des articles en fonction des thèmes retenus. Par sa participation au comité de rédaction de la revue, Cap Rural bénéficie aussi des travaux de publications d’origines diverses et d’une reconnaissance nationale.

Cinq sujets au cœur des prochaines municipales ?

Chercheur en science politique et consultant en stratégies territoriales, Nicolas Rio voit pour 2020 cinq "thèmes qui structureront le débat électoral et très probablement les grands axes de la prochaine mandature" : la stratégie de peuplement, qui veut-on accueillir ? Le partage de l'espace public, comment cohabiter ? L'élargissement de la participation citoyenne, comment faire ? Les équipements collectifs, sur qui s'appuyer pour répondre aux nouveaux usages ? L'alimentation et la consommation, vers un nouveau pan de l'action publique locale ? Des explications à lire dans une tribune de Médiacités.

Comment accompagner des projets d'activités atypiques ?

Certains territoires ruraux sont confrontés à "une double problématique" : l'accueil de nouveaux actifs, et la faiblesse du nombre d'emplois. Il s'agit alors de soutenir la création d'activités, et bien souvent la combinaison de plusieurs situations professionnelles. En Languedoc-Roussillon, une expérience originale d'accompagnement a relevé le défi.

Création d'un observatoire ressources de la restauration collective locale et durable

Sous la forme d'un site Internet, cet observatoire, réalisé par le programme de recherche Lascaux de l’université de Nantes, vise à faire connaître des exemples d’expériences et d’actions de collectivités territoriales qui mettent en œuvre des politiques publiques de restauration collective locale et durable. Outre les entrées par type de collectivités (communes, EPCI, départements, régions) ou par localisation géographique, la plateforme propose une circulation par thèmes en rapport avec la restauration collective : politique foncière, d'éducation, d'achat, agricole, RH, budgétaire, sociale, environnementale, d'approvisionnement, gouvernance, objectifs culinaires, nutritionnels et de santé.

Dans l'Ouest lyonnais, le "village densifié" comme compromis entre une politique nationale et des intérêts locaux pour lutter contre l'étalement urbain

Un article entend montrer, à partir des exemples de deux intercommunalités (communauté de communes de la Vallée du Garon et celle du Pays Mornantais), "comment, depuis le début des années 2000, les communes de l'ouest lyonnais ont défendu leur position dans l'espace métropolitain, et notamment leur cadre de vie, face à l'affirmation de politiques nationales de lutte contre l'étalement urbain". Ses auteurs expliquent "comment ces territoires, tout en s'inscrivant dans une dynamique métropolitaine, se préservent de certains effets de la métropolisation (forte densité, artificialisation des terrains agricoles, afflux de nouvelles populations, nouveaux services et équipements) en mobilisant à leurs fins l'arsenal juridico-technique de l'aménagement durable."

Des leviers pour la transmission et l’appropriation de l’agroécologie par la profession agricole

Dans le cadre d’Altérité, Mobilisation Collective pour le Développement Rural (MCDR) soutenue par le Réseau rural national, une brochure a été produite en vue d'aider à identifier les leviers de déverrouillage permettant le déploiement de l’agroécologie sur les territoires. Cette publication présente également "des expériences en faveur du déverrouillage" à partir de trois entrées : les initiatives d’action collective territoriale émanant des acteurs, l'enseignement et la formation, l'impulsion de politiques publiques territoriales.

Dynamique d’emploi dans les professions de l'économie verte

Selon la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), une étude "donne pour la première fois un aperçu de la dynamique de l’emploi dans les professions vertes et verdissantes". La dynamique d’emploi est particulièrement forte pour les professions vertes (professions liées à la production et distribution d’énergie et d’eau, à l’assainissement et au traitement des déchets et à la protection de la nature et de l’environnement) et moindre pour les professions verdissantes qui représentent néanmoins beaucoup plus d'emplois (agriculture, sylviculture et entretien des espaces verts, bâtiment, transports, recherche, tourisme et animation...). Ces professions ont connu une croissance d'actifs en emploi de 2,6% entre 2007 et 2012 (contre 1,4% pour l’ensemble de l’économie).

École Chercheurs Pour et Sur le Développement Régional (PSDR) 4

L’École Chercheurs du programme PSDR 4, organisée par l’INRA et Irstea, avec le soutien du Conseil Régional Occitanie et du Réseau Rural Français, s’est réunie en Haute-Garonne en 2016. Présent à cet évènement d'envergure nationale, Cap Rural a activement contribué aux travaux. Les objectifs de cette rencontre : créer des liens entre les membres de différents projets PSDR, favoriser l’avancée des projets et définir des thématiques de travail pour quatre ans. Des vidéos, podcasts, écrits sont à présent disponibles, ainsi qu'une synthèse.

Emploi : l'effet d'entraînement des métropoles est peu visible

La surperformance des métropoles en termes de création d’emplois se vérifie-t-elle systématiquement ? Les territoires avoisinants en bénéficient-ils, par effet d’entraînement ? Le CGET et France Stratégie produisent une note d’analyse, qui s'appuie sur une étude du laboratoire Economix de l'université Paris X Nanterre, et met 12 métropoles (dont Lyon et Grenoble) au banc d’essai. "En ce qui concerne les effets d’entraînement, l’étude identifie plusieurs groupes de métropoles", notamment celles qui "partagent leur dynamique d’emploi avec les territoires régionaux avoisinants : c’est le cas de Lyon (...)" ; et celles, c'est le cas de Grenoble, qui "présentent (...) une dynamique d’emploi inversée, plus forte dans les territoires avoisinants qu’au centre."

Et si la lutte contre le changement climatique devenait la priorité de la PAC ?

Une équipe du Centre commun de recherche de la Commission européenne a publié en mai 2019 un article présentant un exercice de modélisation d'une Politique agricole commune (PAC) prioritairement tournée vers la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur agricole.