numérique

"L'égalité territoriale est un fantasme. Ce n'est qu'un concept, une idée, une chimère"

Des propos tenus par Laurent Davezies, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), dans le cadre d'une rencontre intitulée "France, Europe : les territoires entre égalité et égoïsme", organisée en 2016 par l'association Les Cafés Géographiques. Le compte-rendu de cette rencontre, à laquelle participait également Philippe Estèbe, directeur de l’Institut des Hautes Études d’Aménagement du Territoire (IHEDATE), apporte des éclairages sur l'égalité des territoires, notamment sur sa généalogie, son efficacité, son coût, son traitement dans d'autres pays...  Invitant à prendre davantage en compte aujourd'hui la notion de trajectoires, les deux universitaires pointent des rapports et une redistribution des richesses à réinventer entre territoires.

Actes du séminaire européen "Stimuler l'innovation - comment répondre aux enjeux de la ruralité"

Cette rencontre des 17 et 18 mai 2018, proposée par le Réseau wallon de Développement Rural, était consacrée à des expériences innovantes et à des échanges de pratiques sur l’innovation en zones rurales. Toutes les présentations sont désormais accessibles en ligne. Celles-ci concernent les tiers-lieux, la souveraineté technologique, les systèmes alimentaires territorialisés, l’économie circulaire, les living labs, l'agriculture 4.0, les territoires et villages smart, les solutions pour les personnes âgées, l'agriculture et les forêts face au changement climatique, les initiatives citoyennes...

Actualités du réseau rural français

Les rencontres annuelles du réseau rural national (16-17 novembre 2017 à Rennes) et le lancement sous peu d'un nouveau site internet (fin octobre 2017) sont annoncées dans sa dernière lettre d'information de septembre. On y trouve également des informations sur le projet COLLAGRO (prise en compte des groupes d’agriculteurs en transition agroécologique dans les politiques publiques), les usages des services publics en ligne, l'expérience d'une SCIC proposant une "boîte à outils digitaux" pour les TPE-PME en milieu rural, la situation et l'avenir du magazine Transrural initiatives.

Appel à projets : développer le wifi dans les territoires

Pour collectivités

Tel est l’objectif de l’appel à projets WiFi4EU lancé par la Commission européenne et le ministère de la Cohésion des territoires. Il vise à équiper d’un accès Wi-Fi, gratuit et limité, les services et espaces publics de 6 000 à 8 000 communes à travers l’Union européenne. Sont par exemple concernés : les bibliothèques, les mairies, les maisons pluri-professionnelle de santé, les offices de tourisme, les places de marché.

Appel à projets : inclusion numérique

Pour association ou structure à caractère social - appel à projets permanent

La Fondation Free soutient des projets ayant vocation à éduquer, former ou plus largement soutenir un public fragilisé à accéder aux technologies de l’internet et dont la demande financière n’excède pas les 30% du budget alloué au projet.

Appel à projets : services innovants ViaRhôna/EuroVélo 17

Pour collectivités, associations, entreprises... - appel à projets permanent sur la période 2017-2018

La Région Auvergne-Rhône-Alpes, autorité de gestion du Programme Opérationnel Interrégional Rhône Saône (POI) 2014-2020, lance cet appel à projets pour faire émerger et sélectionner des projets de services innovants spécifiquement adaptés aux utilisateurs et clientèles de ViaRhôna/EuroVelo 17 dans les champs du numérique et de l’offre de services.

Clusters, territoires et lien rural/urbain : deux nouvelles publications

Le projet "Clusters, territoires et lien rural/urbain", porté par France Clusters, est lauréat de l’appel à propositions "Mobilisation Collective pour le Développement Rural" (MCDR) porté par le Réseau Rural Français. Il défend l’idée que des clusters et de leur lien avec le territoire peuvent naître des innovations en faveur du développement rural et s’intéresse tout particulièrement au lien urbain-rural. Des guides de bonnes pratiques sont élaborés, dont deux viennent d'être publiés. Le premier, "Lieux d’innovation, lieux physiques de mutualisation de services et coopération rural/urbain", porte sur les lieux d’innovation, au sens de lieux physiques de mutualisation de services au profit d’entreprises (formes des lieux, types de services, étapes et conditions de mise en œuvre...). Le second, "Clusters et territoires locaux", vise à présenter des formes d’animation économique du territoire et de coopération entre les Pays / Pôles territoriaux et le tissu entrepreneurial local.

Collectivités : comprendre et accompagner le développement des tiers-lieux

La SCIC Coopérative des Tiers-Lieux a rédigé un rapport à la fois bref (15 pages) et très instructif pour comprendre l'éclosion/l'évolution des tiers-lieux, leur apport au(x) territoire(s) et les relations entre pouvoirs publics et tiers-lieux. Bien documenté sur la base d'une enquête en Nouvelle-Aquitaine (objectif politique affiché de 300 tiers-lieux en 2020, et que "chaque néo-aquitain [puisse] trouver une solution de travail à distance, des propositions de collaboration et de partage avec d’autres, un lieu d’émancipation pluridisciplinaire à proximité de chez lui"), le document avance des pistes à destination des élus et de l'ingénierie pour favoriser de la manière la plus adéquate l’émergence d’un (ou plusieurs) tiers-lieux dans son territoire. On notera également un référentiel métier très complet de facilitateur de tiers-lieu, présentant des compétences que des agents de développement local pourraient bien reconnaître !

Collectivités : guide du financement participatif et étude sur ses usages

Le financement participatif : moteur d’engagement citoyen, catalyseur de mécénat, chouchou des circuits courts, utile pour le petit patrimoine ou la mobilisation autour de grands projets territoriaux et infrastructures énergétiques... Depuis 2015, les collectivités peuvent se saisir de la finance participative. Un nouveau guide, réalisé par Financement Participatif France avec le soutien de la CDC, vise à informer, à encourager et à outiller les territoires désireux de se saisir de ces nouvelles opportunités. De son côté, une étude de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) a exploré les usages du crowdfunding par les collectivités locales en France et en dresse un bilan et des perspectives intéressantes. 

Comment le numérique peut-il stimuler le développement de l'ESS ?

Un nouveau dossier réalisé par l’Avise, avec le soutien du FSE, de la Caisse des Dépôts et de Régions de France, apporte des clés de compréhension et d’action aux structures de l'ESS ainsi qu'aux acteurs publics et privés qui souhaitent faire du numérique un levier de développement et de cohésion pour tous.

Commerces et services à la fois mobiles et numériques : les dernières tendances

A travers Le Hub, La Poste décrypte les nouvelles expériences clients. Dans un article, il relate des démarches pour venir à la rencontre des clients... en camion tout en utilisant les dernières inventions des nouvelles technologies. Toyota imagine ainsi des cabines d’essayage autonomes se déplaçant jusqu’au domicile des clients. D'autres véhicules autonomes sont prototypés pour amener des produits au plus près des consommateurs (ex : fruits et légumes et plats cuisinés). Allianz France a annoncé de son côté le lancement de sa première agence mobile en Lozère : un véhicule aménagé de 15 m2, doté d’une informatique autonome, permettant d’apporter les mêmes services que ceux d’une agence traditionnelle. Depuis 2018, un "Poste Truck" stationne chaque matin à Saint-Étienne-de-Chigny (37), où l’ancien bureau de poste a fermé il y a 10 ans, et propose de déposer ou retirer un colis, acheter des timbres, envoyer un recommandé… Et dans l’Aisne, les services publics se rapprochent des habitants en camping-car pour proposer un accompagnement dans leurs démarches administratives (impôts, retraite, Pôle emploi, allocations familiales).

Conciergerie, coworking, béguinage, café associatif, ateliers municipaux... rassemblés dans une ancienne ferme

L’aventure a débuté à Hardifort (59) en 2000 avec l’acquisition d'une ferme par le centre communal d’action sociale. Par la suite, la mairie et le CCAS ont décidé d’en réserver une partie de 3 000 m² pour repenser et revitaliser le bourg avec de nouveaux lieux tels qu’une conciergerie, un café associatif ou un béguinage (quatre logements de plain-pied proposés à la location), un espace de coworking et une salle de convivialité pour l'organisation de manifestations. Un nouveau bâtiment attenant abritera également les ateliers municipaux. Les travaux s'achèveront en 2018.

Construire des espaces de coopération pour l’emploi, la formation et le développement économique

L’Institut national du travail de l’emploi et de la formation professionnelle (Intefp) et le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) restituent dans une publication de décembre 2017 des travaux menés sur les nouvelles formes de collaboration et de coopération (de l'entreprise "libérée" aux coopératives ou aux groupements d’employeurs) à l'heure où la numérisation accélère les changements économiques et sociaux.

Covoiturage des courtes distances : qui sera le "Blablacar du quotidien" ?

"Qui sera le "Blablacar du quotidien" ?" C'est le titre d'un article publié le 6 mars 2017 par trois chercheurs dans la revue Métropolitiques, qui interroge pourquoi, alors que la pratique est bien établie pour des trajets de longue distance, le covoiturage peine à s’imposer pour les mobilités du quotidien. Jugeant que les initiatives actuelles pour le covoiturage du quotidien émanent essentiellement d’acteurs privés, les auteurs estiment "qu'il est désormais nécessaire de passer à l'institutionnalisation et à la territorialisation" de ce type de covoiturage qui offre un potentiel encore largement sous-exploité.

De l'intérêt d'une approche économique transfilières

Le CESER Nouvelle-Aquitaine a présenté en novembre 2017 un rapport sur le développement d’une telle approche, où le "transfilières" invite à la fois à s’intéresser au croisement de filières (inter-filières) mais également à la capacité à dépasser totalement la logique de filières (trans-filières). Il concerne aussi bien les entreprises et les filières (diversification de l’offre, accès à de nouveaux marchés) que les territoires et leurs habitants (adaptation aux usages de terrain, prise en charge de défis locaux ou globaux, amélioration de la qualité de vie). Pour les auteurs, le "transfilières" "répond à la nécessité d’introduire de la transversalité pour stimuler l’innovation, mais il contribue également à l’émergence de projets territoriaux cohérents et de solidarités locales".

Des exemples de coopération métropoles-territoires ruraux

"Les métropoles, et au-delà tous les centres urbains, apparaissent, malgré d’injustes polémiques, comme les meilleurs alliés des autres territoires", avance France Urbaine Magazine. "Alliances des territoires, réciprocités urbain-rural, solidarités interterritoriales…. Une nouvelle conception du développement local émerge et s’impose dans un contexte d’élargissement des territoires (grandes régions, métropoles, intercommunalités XXL). L’urbain et le rural apparaissent plus que jamais interdépendants et doivent nouer davantage de coopérations." La publication se fait l'écho des premières Journées nationales de France urbaine (mars 2017) ayant eu pour fil rouge les coopérations urbain-rural et publie les premiers articles d'un ouvrage en cours de réalisation sur ce sujet, portant sur des exemples de coopération autour des transitions numériques, du financement et de la gestion des déchets, du tourisme, de l'accueil des entreprises, de la mobilité, de l'agriculture et des circuits courts.

Deuxième conférence nationale des territoires

Elle s'est tenue le 14 décembre 2017. Le Gouvernement a détaillé à cette occasion plusieurs mesures, notamment sur le déploiement du haut-débit sur le territoire, sur la revitalisation des centres-villes (villes moyennes) avec le plan "Action cœur de ville", sur le droit à l'erreur et le droit à l'expérimentation. Un projet de "baromètre de la cohésion des territoires" a également été présenté, établi autour de six enjeux (réduction des inégalités, développement soutenable, qualité de vie, capacité de développement, capital social et coopération entre les territoires), qui doit servir à avoir une compréhension partagée des enjeux et permettre de déclencher des actions.

Développer l’économie éphémère pour des territoires plus accueillants

Camions épicerie, restaurants saisonniers, marchés forains, kiosques... Le modèle est aujourd'hui revisité par les pop-up stores, food trucks, camions itinérants... Les usages sont diversifiés, l’esthétique est contemporaine, et le numérique constitue un vecteur de visibilité et de promotion. Ces occupations commerciales provisoires permettent de proposer des services, de tester des marchés, et participent à l’animation et l’hospitalité des territoires. "Mais pour que cette économie s’insère positivement dans son environnement, son accueil doit être organisé", affirme l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France dans une note sur le sujet.

En Ardèche, des ruches connectées dans des vignes

Des balances électroniques ont été placées sous deux ruches aux abords d'un vignoble près d'Alba-la-Romaine, et mesurent en temps réel la température, l'humidité et le poids des ruches. Elles indiquent à quel moment et en fonction de quelle météo les abeilles sortent pour butiner et rentrent le soir chargées de pollen à la ruche. Connectées à un logiciel via une transmission satellite, ces informations sont délivrées toutes les douze minutes et permettent ainsi de connaître à distance la vie de la ruche. Dans ce cas précis, elles serviront à mieux adapter la culture de la vigne (par exemple pour le traitement) à la vie des abeilles. "C'est en Ardèche une première union entre apiculteur et viticulteur, deux métiers agricoles qui se sont longtemps tournés le dos", rapporte France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

Énergies : agir sur les comportements en s'appuyant sur la collecte de données - l'exemple d'une petite commune

Depuis 2016, une trentaine de capteurs sans fil dans six bâtiments communaux (salle polyvalente, centre socioculturel, salle des sports, école, mairie et ateliers municipaux) de Saint-Sulpice-la-Forêt (1 500 habitants, Ille-et-Vilaine) permettent de connaître en temps réel les consommations d'eau, de gaz et d'électricité. Ces capteurs collectent des données de consommation d'électricité, d'eau et de gaz, ainsi que les températures détaillé par zone de bâtiment, à partir desquelles sont générés des tableaux de bords quotidiens. Ces informations aident à repérer les situations anormales et à piloter à distance certains équipements. A la clé, des économies et un outil très efficace de sensibilisation. "L'expérimentation appuyée par des partenaires publics et privés pourrait faire école", prédit Territoires conseils dans un article sur cette initiative.