artisanat

"Mangeons 24" : une SCIC pour l'alimentation locale

Lancée à l’initiative de la chambre d'agriculture avec les collectivités locales et le soutien du département de la Dordogne, la Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) Mangeons 24 met en relation une cinquantaine de producteurs du Périgord et des restaurants collectifs (cantines scolaires, Ehpad) pour favoriser l’approvisionnement en produits agricoles locaux. Avec trois salariés (dont l'un est mis à disposition par la chambre d’agriculture), Mangeons 24 assure la centralisation des demandes et des offres, transport et stockage, livraison, facturation et gestion administrative… Un article de Territoire conseils décrypte cette initiative, qui peine encore à atteindre l'équilibre financier.

"Recycler pour transformer un territoire" : la reconversion architecturale et économique d'une ancienne filature

Ronchamp, 3000 habitants en Haute-Saône, dispose d'une filature bâtie au XIXème siècle et désaffectée depuis 2011. Sa reconversion se veut "un modèle d’architecture et d’urbanisme en milieu rural", selon un article du Moniteur. Le site abrite désormais le siège de la communauté de communes Rahin et Chérimont ainsi qu'une salle de répétition ; bientôt s'ajouteront une galerie d’expositions, une halle d’événements, une salle omnisports et une "cour des artisans", conformément à la double vocation économique et culturelle voulue par le nouveau propriétaire public. La colonne vertébrale de cet ensemble sera apportée par une voie verte, aménagée sur près de 2 kilomètres. Ce projet a été accompagné par le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, très engagé sur la relation entre urbanisme et environnement en montagne.

Agriculteur cherche artisan en mal de locaux pour partager sa ferme

Dans les zones rurales d'Ile-de-France, nombre d'agriculteurs disposent de bâtiments vides, dotés d'un certain cachet, et dont ils pourraient tirer un complément de revenu. La Safer et la chambre d'artisanat d'Ile-de-France ont signé une convention de partenariat originale, pour faciliter la reconversion des bâtiments agricoles en locaux artisanaux.

Atelier collectif et mutualisation d'équipements pour des artisans d'Auvergne

Quatre menuisiers et deux ferronniers ont monté un atelier collectif pour mutualiser du matériel à Beurrières, dans le Puy-de-Dôme. Les six artisans ont créé l'association Mixomatos, dont l'objet est la "mise en commun de matériel, de locaux et de savoir-faire pour la création artistique", qui loue un hangar dans ce village de 300 habitants. Ces artisans indépendants ont mis en commun leurs différentes machines de travail et chacun achète de nouveaux outils en fonction de sa trésorerie et de ses besoins. L'outillage est privé, l'usage et les frais d'entretien et de réparation de l'outillage sont collectifs. Transrural initiatives, dans un article sur cette action, note entre autres résultats positifs : le partage du carnet de commande quand l'un des artisans est trop chargé de travail, l'entraide pour les travaux de menuiserie les plus difficiles.

Auvergne-Rhône-Alpes : des aides pour les artisans

L’aide apportée par la région s’articule autour de trois axes : un prêt artisan à taux 0 (opérationnel à partir du 2 mai 2018, dans le cadre d'un partenariat avec la Banque populaire et la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat), des aides directes aux artisans et commerçants (mises en place dès 2017), un contrat région artisan (aide à la transformation numérique...). A noter que l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat et le Groupe Banques Populaires et Caisses d’Épargne ont signé le 6 mars 2018 un partenariat national autour d’un dispositif, dénommé Pacte Artisan, comportant notamment la mise à disposition d’une enveloppe de 1 milliard € de crédits moyen-long terme dédiée au financement des artisans.

Auvergne-Rhône-Alpes : lancement d’un plan régional pour les métiers de l'art

Avec pour objectif de "devenir la première région d’Europe pour les métiers d’art", la Région a présenté le 18 novembre 2016 un plan annuel doté d’un million €. Ce dispositif devrait permettre d’accompagner environ 200 entreprises chaque année, grâce à un meilleur recensement de l’ensemble des professionnels, un soutien à l’investissement, un accompagnement à l’export, en soutenant la formation et en créant un pôle de compétence des métiers d’art. La Région annonce également le lancement d’un prix régional afin de valoriser les jeunes talents régionaux et les innovations.

Changer de vie, comment se faire aider, conseiller, accueillir ?

"Vous souhaitez devenir agriculteur, artisan, commerçant, formateur, consultant ?", interroge le magazine Village ? Réponses dans un dossier de 10 pages qui présente les principales structures d'accompagnement, plusieurs dispositifs mis en place sur des territoires (notamment en Auvergne-Rhône-Alpes) et des expériences de porteurs de projets. A destination des porteurs de projets, ce dossier servira également aux agents de développement en charge de leur accompagnement. Car comme en témoigne une accompagnatrice : les porteurs de projets sont "des ressources" pour les territoires.

Commerces, pas-de-porte pour artistes, logements... : la mairie fait du locatif

Pour lutter contre la désertification, la commune de Marcolès (583 habitants, Cantal) s'appuie depuis 20 ans sur trois axes : l'amélioration des espaces publics, le développement du bâti résidentiel, avec des logements locatifs pour les jeunes et les personnes âgées, et le développement de l'immobilier à très petits loyers. La commune a ainsi racheté et mis en location des biens sans maître, aussi bien pour du logement que pour des commerces. Aujourd'hui, les loyers rapportent de l'argent à la mairie, un restaurant gastronomique s'est installé... Le Courrier des Maires détaille l'action de la commune.

Création conjointe d'un espace de coworking et d'une médiathèque

Le blog de Silvae (bibliothécaire engagé pour le développement des médiations numériques et des biens communs de la connaissance) publie le témoignage de la directrice de la médiathèque d’Auterive (10 000 habitants, Haute-Garonne) qui explique pourquoi et comment s'est imposé, au moment de la création de la médiathèque, l’opportunité de créer un espace de coworking pour que le public (y compris le tissu économique et industriel local) et les élus se réapproprient le projet. Et d'expliquer que de ludique et culturelle, la médiathèque a également une vocation sociale et économique.

Création et valorisation des savoir-faire dans la Loire : mode, chapeau et métiers d'art

A l'apogée de la Chapellerie, entre les deux guerres, Chazelles-sur-Lyon (5 222 habitants aujourd'hui), possédait 28 fabriques travaillant pour les grands noms de la mode et employant 2500 personnes. Puis la mode du chapeau périclita, relate Maires de France, et la dernière chapellerie chazelloise ferma ses portes dans les années 1990. Dans le cadre de la rencontre Innov'Rural 2012: pour un rural compétitif, consacrée à la création d'activité en milieu rural, une douzaine d'expériences avaient été présentées, dont la réhabilitation de l'ancienne usine chapelière de Chazelles-sur-Lyon pour redéployer un atelier-musée du chapeau, développer le centre de formation en mode-chapellerie, et soutenir les jeunes entreprises de la mode et des métiers d'art au sein d'une pépinière. L'ouverture du site était prévue pour l'année suivante. En 2014, le magazine Maires de France raconte comment le territoire a su relancer une filière, avec quelles synergies, quels acteurs et quel montage financier et dresse un bilan. Pour sa première année d'ouverture, la chapellerie a reçu 30 000 visiteurs !

De la production agricole à l’utilisation dans la restauration du bâti ancien : une filière locale de chanvre

Le Parc naturel régional du Gâtinais, labellisé Territoire à énergie positive pour la croissance verte, a lancé deux grands projets : une étude sur le bâti traditionnel (avec comme objectif la réhabilitation de bâtiments anciens, à l’architecture très spécifique et complexe, pour développer le logement et lutter contre l’étalement urbain) et le développement d’une filière courte d’éco-matériaux, chanvre et paille. Intérêts agronomiques et économiques de la culture du chanvre pour les agriculteurs, nouveaux emplois avec la création d'une usine de défibrage, formation des artisans… Le magazine Maires de France fait le point sur les résultats de cette filière.

Décret relatif aux indications géographiques protégeant les produits industriels et artisanaux

Plus d'un an après la loi Hamon du 17 mars 2014, le décret est paru: porcelaine de Limoges, parapluies d'Aurillac, vases d'Anduze, textile des Vosges, bijoux en grenat de Perpignan, fauteuils de Liffol-le-Grand, dentelle de Calais, béret basque... la plupart d'entre eux devraient prochainement recevoir le précieux sésame. Pour pouvoir déposer une demande d'indication géographique (IG), les entreprises ou artisans doivent se regrouper au sein d'une association appelée "organisme de défense et de gestion" (OGD). Celui-ci est chargé d'élaborer un cahier des charges qu'il doit ensuite faire homologuer par l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi). A noter que pour les indications géographiques protégées classiques, c'est l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao) qui remplit ce rôle. Après avoir vérifié le contenu du cahier des charges et l'avoir notifié à la Commission européenne, puis mené une enquête publique de deux mois et consulté les collectivités territoriales ou encore les groupements de professionnels et associations de consommateurs, l'Inpi prendra la décision de labelliser ou non le produit. A terme, "environ 200 produits ou ressources naturelles pourraient correspondre aux indications géographiques", a précisé la secrétaire d’État chargée du commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'ESS, Carole Delga. Ce qui, selon Bercy, contribuera à "préserver les patrimoines artisanaux et industriels locaux et à redynamiser les territoires, en incitant à la relocalisation".

Des pistes pour la revitalisation commerciale des centres-villes

Quelles sont les causes et comment freiner le phénomène de dévitalisation (commerce de détail et artisanat) des centres des villes de moins de 50 000 habitants ? Un rapport - remis à plusieurs ministères en octobre 2016 - souligne la nécessité de déployer une stratégie globale, avec une "approche intercommunale" et avance 16 propositions bâties autour de cinq leviers d’action pour redynamiser ces espaces.

Des projets de développement à partir de l'idée de souveraineté alimentaire d'une commune

Pour anticiper tout risque de pénurie alimentaire (par exemple en cas de choc pétrolier), les élus d'une commune de 2 200 habitants du Haut-Rhin ont l'idée en 2012 de créer une filière locale "de la graine à l’assiette". Pour cela, le conseil municipal rachète le droit d’exploitation agricole sur un terrain de 8 hectares dont il a la maîtrise foncière, et où il installe une exploitation maraîchère bio gérée par une entreprise d’insertion. Employant 25 personnes, celle-ci produit aujourd’hui une trentaine de tonnes de légumes par an, propose sa production sur un marché hebdomadaire qui n'existait pas auparavant, confectionne deux fois par semaine quelque 150 paniers de légumes vendus aux ménages du village et des alentours, et fournit chaque jour en nourriture la cantine de l’école du village. En 2015, la municipalité a créé une régie agricole et monte actuellement une coopérative d’intérêt collectif qui a vocation à faire tourner une conserverie, une malterie microbrasserie et une épicerie spécialisée dans la vente en vrac. Un article du quotidien Le Monde s'arrête sur le cheminement des idées, le montage juridique, l'implication de bénévoles...

Développer l’économie éphémère pour des territoires plus accueillants

Camions épicerie, restaurants saisonniers, marchés forains, kiosques... Le modèle est aujourd'hui revisité par les pop-up stores, food trucks, camions itinérants... Les usages sont diversifiés, l’esthétique est contemporaine, et le numérique constitue un vecteur de visibilité et de promotion. Ces occupations commerciales provisoires permettent de proposer des services, de tester des marchés, et participent à l’animation et l’hospitalité des territoires. "Mais pour que cette économie s’insère positivement dans son environnement, son accueil doit être organisé", affirme l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France dans une note sur le sujet.

Dynamiser un territoire par l'artisanat d'art

Le village de Sauveterre-de-Rouergue (Aveyron) a fait de l’accueil des artisans l’une de ses priorités, à l'initiative des élus locaux. En 2005, la communauté de communes du Pays Baraquevillois a investi 1,5 millions d'euros pour créer un espace de huit ateliers, géré par une association. Le concept : un loyer à 100 euros et de nombreux avantages, comme un espace d'exposition-boutique géré par l'office de tourisme. Dès 2009, des artisans venus de l'extérieur du territoire se sont installés. Anciens et nouveaux intègrent un Pôle des métiers d'arts qui compte aujourd'hui 18 membres : tailleurs de pierre, maroquiniers, céramistes... qui dynamisent la vie du village. Le magazine Village détaille cette expérience.

En relançant une filière céramique, une collectivité se munit d'un nouvel outil culturel, irriguant le tourisme

Les pièces de terre cuite vernissées de Saint-Jean-de-Fos (1600 habitants dans l'Hérault) étaient autrefois prisées pour la construction. Alors que la révolution industrielle et le développement des objets métalliques font disparaître cet artisanat, de jeunes potiers se réinstallent dans les années 1980 puis créent en 2001 une association, une marque collective et un marché de potiers. En 2006, la commune acquiert un atelier céramique du XIXème siècle classé monument historique et la communauté de communes Vallée de l'Hérault en prend la gestion. En 2011, cette dernière crée Argileum, une  maison de la poterie qui propose un parcours de découverte sur l'histoire de la céramique, la vie et le savoir-faire des potiers, une boutique et des expositions temporaires. Ce lieu touristique et culturel emploie aujourd'hui quatre personnes, accueille des étudiants étrangers et a fait s'installer de nouveaux plusieurs jeunes potiers. Plus récemment, la labellisation et l'entrée dans le réseau Villes et métiers d'art permettent de valoriser tous les métiers d'art du territoire (sculpteurs, créateurs de bijoux, artisans du cuir). Une initiative à lire dans Maires de France.

Enquête sur les attentes des Français à l'égard du "consommer local"

Une enquête réalisée en janvier 2014 par Ipsos et Bienvenue à la ferme vient confirmer que l'attention des consommateurs se focalise de plus en plus sur l'origine et le lieu de fabrication des produits qu'ils consomment. Vu le contexte de crises cumulées (économique, sanitaire et de confiance), les tendances au repli s'accentuent. C'est auprès du producteur "à côté de chez moi" ou via la consommation des aliments produits "là où j'habite" que beaucoup de Français trouvent une forme de réassurance. A découvrir dans cette enquête : intérêts et motivations pour les produits locaux, freins à l'achat, circuits d'approvisionnement.

Espaces de coworking : le trop-plein

C'est ce qu'affirme en titre un article paru dans Le Monde, qui part de l'aventure d'un espace de co-working en rural, ouvert par deux porteurs de projets en 2014, soutenu par une communauté de communes, mais fermé l'année suivante... L'auteur rappelle que depuis 2012, le nombre d'espaces de ce type a été multiplié par dix et que "ces projets sont souvent soutenus par les régions et les collectivités, qui y voient un moyen de dynamiser leur territoire en incitant les travailleurs à s’y fixer". Des défis sont pointés : "il faut que ces lieux développent un modèle économique rentable - et, surtout, trouvent leur public" ; l’absence d’animation est aussi une cause d'échec pour ces structures. Enfin, avec l'arrivée de "gros calibres du secteur immobilier" sur ce marché, "la formation d’une "bulle" immobilière pourrait bien se substituer à l’enthousiasme des débuts".

Guide pratique : Les groupements permanents d'entreprises en faveur de la performance énergétique des bâtiments

Ce guide pratique a été réalisé par le CODEM Picardie, centre de transfert de technologie spécialisé dans la construction durable et les éco-matériaux, en partenariat avec la région Hauts-de-France (Nord-Pas-de-Calais - Picardie) et l'ADEME. Il vise à inciter les artisans du bâtiment à se constituer en groupement pour pouvoir répondre à des appels d'offre de rénovation énergétique de l'habitat, mais aussi plus largement à aider les entreprises du bâtiment à se diversifier et à développer leurs activités au travers d’une approche collective. Si ce guide cherche à sensibiliser les acteurs de la filière bâtiment aux étapes clés de la constitution d’un groupement permanent, il intéressera également les agents de développement par ses aspects détaillés sur les principes de l'accompagnement à la création de groupements.