artisanat

"L'avenir du commerce de proximité passe par la constitution de places locales de marché"

Phrase à découvrir dans le compte-rendu d'une rencontre organisée en mars 2021 par La Banque des Territoires, consacrée au "numérique, levier de transformation et d'ancrage territorial du tissu commercial de proximité" au cours de laquelle l'expérience du Grand Pontarlier (27 449 habitants, Doubs) a été décryptée. La Fédération des associations de commerçants du Grand Pontarlier y regroupe quatre associations de commerçants et rassemble 460 commerçants et artisans. Portant un projet de place locale de marché, elle entend pour cela s'appuyer sur le succès de son dispositif de chèque cadeau (qui représente 1,3 millions de chiffres d'affaires et fonctionne depuis plusieurs années), en passant par sa dématérialisation, associé au déploiement d'une plateforme de e-commerce (laquelle va nécessiter un accompagnement des commerçants). Un projet estimé à 160 000 €.

"Mangeons 24" : une SCIC pour l'alimentation locale

Lancée à l’initiative de la chambre d'agriculture avec les collectivités locales et le soutien du département de la Dordogne, la Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) Mangeons 24 met en relation une cinquantaine de producteurs du Périgord et des restaurants collectifs (cantines scolaires, Ehpad) pour favoriser l’approvisionnement en produits agricoles locaux. Avec trois salariés (dont l'un est mis à disposition par la chambre d’agriculture), Mangeons 24 assure la centralisation des demandes et des offres, transport et stockage, livraison, facturation et gestion administrative… Un article de Territoire conseils décrypte cette initiative, qui peine encore à atteindre l'équilibre financier.

"Manufactures de proximité et formations : les tiers-lieux face au Premier ministre"

A l'occasion de la remise d'un rapport sur le "phénomène" des tiers-lieux au Gouvernement à l'été 2021, le président de l'association France Tiers-Lieux revient, dans un entretien avec Makery, sur les annonces gouvernementales - création de Manufactures de proximité, déploiement de Services civiques, de Conseillers numériques France Service et de la formation professionnelle dans les tiers-lieux - et les principaux enjeux et enseignements de cette enquête.

"Pourquoi l'immobilier nuit autant aux campagnes"

C'est le titre d'un article publié fin mai 2021 par Villages Vivants. Rappelant que les activités immobilières, notamment pour des locaux commerciaux, sont très majoritairement guidées par une attente de rendement financier important, Villages Vivants constate que les campagnes "attirent pas ou très peu les investisseurs, ce qui génère un cercle vicieux : peu de nouvelles implantations, détérioration des biens anciens, fermeture des commerces de centre-ville..." A cela s'ajoutent les contraintes architecturales des biens immobiliers souvent anciens : accessibilité, coûts de rénovation importants pour les mettre aux normes et au goût du jour... Villages Vivants, qui par ses différentes structures juridiques achète, rénove et loue des locaux pour installer des activités en zones rurales, a d'ailleurs démarré une collecte de fonds citoyens pour permettre le financement de six nouvelles activités dans le quart sud-est de la France.

"Premier Réinventer Rural" : un projet multi-sites d'aménagement innovant

La Communauté de Communes de Nozay (Loire-Atlantique, environ 15 000 habitants) lance l'appel à projet "Réinventer Rural" pour des terrains constructibles de ses sept communes en cœur ou en extension de bourg. Dans les réponses, elle attend un habitat de qualité qui se traduit par deux éléments clés : "construire différemment (matériaux, chantier école, habitat participatif…)" et "imaginer de nouvelles façons de vivre et de nouveaux usages (mutualiser certains programmes et certains espaces, favoriser les mobilités douces, penser l'intergénérationnel…)". La commune attend des réponses construites par des groupements mêlant habitants et futurs habitants, architectes, promoteurs, aménageurs, constructeurs et bailleurs.

"Recycler pour transformer un territoire" : la reconversion architecturale et économique d'une ancienne filature

Ronchamp, 3000 habitants en Haute-Saône, dispose d'une filature bâtie au XIXème siècle et désaffectée depuis 2011. Sa reconversion se veut "un modèle d’architecture et d’urbanisme en milieu rural", selon un article du Moniteur. Le site abrite désormais le siège de la communauté de communes Rahin et Chérimont ainsi qu'une salle de répétition ; bientôt s'ajouteront une galerie d’expositions, une halle d’événements, une salle omnisports et une "cour des artisans", conformément à la double vocation économique et culturelle voulue par le nouveau propriétaire public. La colonne vertébrale de cet ensemble sera apportée par une voie verte, aménagée sur près de 2 kilomètres. Ce projet a été accompagné par le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, très engagé sur la relation entre urbanisme et environnement en montagne.

A propos des métiers du néo-artisanat local et écologique

Pour La Fabrique Écologique, qui a publié sur ce sujet une note en juillet 2021 : "Les reconversions professionnelles choisies se sont multipliées ces dernières années. Elles répondent souvent à la volonté de développer une activité plus en phase avec ses valeurs, ce qui explique la diffusion des métiers du néo-artisanat local et écologique. Les initiatives qui émergent contribuent au changement du modèle de production et de consommation et doivent par conséquent être encouragées comme moteur de la transition écologique." Dans une première partie, la fondation revient dans la note "sur les facteurs expliquant ce phénomène de reconversion" et plaide pour un "meilleur accompagnement". Elle décrit ensuite les secteurs d'activité porteurs pour les néo artisans écologiques "tout en montrant que les collectivités locales ont un rôle majeur à jouer dans le développement de cette économie alternative."

Agriculteur cherche artisan en mal de locaux pour partager sa ferme

Dans les zones rurales d'Ile-de-France, nombre d'agriculteurs disposent de bâtiments vides, dotés d'un certain cachet, et dont ils pourraient tirer un complément de revenu. La Safer et la chambre d'artisanat d'Ile-de-France ont signé une convention de partenariat originale, pour faciliter la reconversion des bâtiments agricoles en locaux artisanaux.

Atelier collectif et mutualisation d'équipements pour des artisans d'Auvergne

Quatre menuisiers et deux ferronniers ont monté un atelier collectif pour mutualiser du matériel à Beurrières, dans le Puy-de-Dôme. Les six artisans ont créé l'association Mixomatos, dont l'objet est la "mise en commun de matériel, de locaux et de savoir-faire pour la création artistique", qui loue un hangar dans ce village de 300 habitants. Ces artisans indépendants ont mis en commun leurs différentes machines de travail et chacun achète de nouveaux outils en fonction de sa trésorerie et de ses besoins. L'outillage est privé, l'usage et les frais d'entretien et de réparation de l'outillage sont collectifs. Transrural initiatives, dans un article sur cette action, note entre autres résultats positifs : le partage du carnet de commande quand l'un des artisans est trop chargé de travail, l'entraide pour les travaux de menuiserie les plus difficiles.

Auvergne-Rhône-Alpes : bilan économique 2018

"Même si tous les stigmates de la crise de 2008 ne sont pas encore totalement effacés", en 2018 "l'économie poursuit sa dynamique en Auvergne-Rhône-Alpes, sur la lancée de l'année précédente." L'Insee avec la contribution de plusieurs services de l'État (DIRECCTE, DREAL, DRAAF, CERC Auvergne-Rhône-Alpes) et de la Banque de France publie comme chaque année le bilan économique de la région. "L'emploi salarié continue de croître et le chômage poursuit son recul. Les créations d'entreprises atteignent un nouveau record et concernent tous les secteurs (...). La fréquentation touristique de la région reste très élevée (...)." Mais "l'année 2018 a cependant été plus mitigée dans les secteurs agricole et de la construction".

Auvergne-Rhône-Alpes : des aides pour la vente en ligne/à emporter des commerçants/artisans et des aides pour les forains

La Région Auvergne-Rhône-Alpes a présenté le 5 novembre 2020 un plan de 50 millions € destiné à accompagner les commerce proximité, les restaurateurs, artisans, indépendants dans le développement de la vente. Ces mesures reposent sur plusieurs volets : un dispositif "moncommerceenligne" ; l'aide aux investissements pour la vente à distance et la commande à emporter ; l'aide aux investissements d'installation ou de rénovation de points de vente, neufs ou d'occasion liés à l’activité commerciale pour les commerçants non sédentaires.

Auvergne-Rhône-Alpes : des aides pour les artisans

L’aide apportée par la région s’articule autour de trois axes : un prêt artisan à taux 0 (opérationnel à partir du 2 mai 2018, dans le cadre d'un partenariat avec la Banque populaire et la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat), des aides directes aux artisans et commerçants (mises en place dès 2017), un contrat région artisan (aide à la transformation numérique...). A noter que l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat et le Groupe Banques Populaires et Caisses d’Épargne ont signé le 6 mars 2018 un partenariat national autour d’un dispositif, dénommé Pacte Artisan, comportant notamment la mise à disposition d’une enveloppe de 1 milliard € de crédits moyen-long terme dédiée au financement des artisans.

Auvergne-Rhône-Alpes : lancement d’un plan régional pour les métiers de l'art

Avec pour objectif de "devenir la première région d’Europe pour les métiers d’art", la Région a présenté le 18 novembre 2016 un plan annuel doté d’un million €. Ce dispositif devrait permettre d’accompagner environ 200 entreprises chaque année, grâce à un meilleur recensement de l’ensemble des professionnels, un soutien à l’investissement, un accompagnement à l’export, en soutenant la formation et en créant un pôle de compétence des métiers d’art. La Région annonce également le lancement d’un prix régional afin de valoriser les jeunes talents régionaux et les innovations.

Boutiques à l'essai, en test ou éphémères dans des locaux vacants

Ce type de "boutiques" se développe depuis quelques années, en lien avec un évènement ou la mise en œuvre d'une politique en faveur des commerces ou de l'accompagnement de porteurs de projets. Un territoire rural s'intéressant à la question a interpelé le service Questions-réponses de Cap Rural afin qu'il sélectionne plusieurs ressources pour l'aider dans sa réflexion.

Captation d'un savoir-faire passementier au profit de la transmission et de l'innovation

La passementerie (ou plus exactement la rubanerie) est une des productions historiques du Pilat. Une équipe de psycho-sociologues a été missionnée par le Parc du Pilat pour capter le savoir-faire d'anciens passementiers de Jonzieux (42) et dans les sociétés textiles en activité, lequel a été consigné dans un "Guide du passementier débutant" testé auprès de novices. L'objectif de captation de ce savoir-faire rubanier est la formation des passementiers dans les entreprises, mais aussi l'innovation, par exemple via des coopérations entre passementiers et autres créateurs du Pilat. Le PNR a réalisé une vidéo sur cette opération.

Changer de vie, comment se faire aider, conseiller, accueillir ?

"Vous souhaitez devenir agriculteur, artisan, commerçant, formateur, consultant ?", interroge le magazine Village ? Réponses dans un dossier de 10 pages qui présente les principales structures d'accompagnement, plusieurs dispositifs mis en place sur des territoires (notamment en Auvergne-Rhône-Alpes) et des expériences de porteurs de projets. A destination des porteurs de projets, ce dossier servira également aux agents de développement en charge de leur accompagnement. Car comme en témoigne une accompagnatrice : les porteurs de projets sont "des ressources" pour les territoires.

Commerces, pas-de-porte pour artistes, logements... : la mairie fait du locatif

Pour lutter contre la désertification, la commune de Marcolès (583 habitants, Cantal) s'appuie depuis 20 ans sur trois axes : l'amélioration des espaces publics, le développement du bâti résidentiel, avec des logements locatifs pour les jeunes et les personnes âgées, et le développement de l'immobilier à très petits loyers. La commune a ainsi racheté et mis en location des biens sans maître, aussi bien pour du logement que pour des commerces. Aujourd'hui, les loyers rapportent de l'argent à la mairie, un restaurant gastronomique s'est installé... Le Courrier des Maires détaille l'action de la commune.

Contrat Artisanat Auvergne-Rhône-Alpes

Notamment pour collectifs d'entreprises et collectivités

Fruit d'un partenariat entre la Chambre Régionale de Métiers et de l'Artisanat et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ce nouveau dispositif offre aux artisans l'occasion de dynamiser leur entreprise grâce aux conseils et à l'expertise des chambres départementales, par le biais d'une offre d'accompagnements, de formations et des aides directes. 11 actions structurent le Contrat Artisanat, dont deux disponibles pour les collectifs et les collectivités : "Dynamisation des territoires" et "Structuration de filières et de circuits de proximité".

Création conjointe d'un espace de coworking et d'une médiathèque

Le blog de Silvae (bibliothécaire engagé pour le développement des médiations numériques et des biens communs de la connaissance) publie le témoignage de la directrice de la médiathèque d’Auterive (10 000 habitants, Haute-Garonne) qui explique pourquoi et comment s'est imposé, au moment de la création de la médiathèque, l’opportunité de créer un espace de coworking pour que le public (y compris le tissu économique et industriel local) et les élus se réapproprient le projet. Et d'expliquer que de ludique et culturelle, la médiathèque a également une vocation sociale et économique.

Création et valorisation des savoir-faire dans la Loire : mode, chapeau et métiers d'art

A l'apogée de la Chapellerie, entre les deux guerres, Chazelles-sur-Lyon (5 222 habitants aujourd'hui), possédait 28 fabriques travaillant pour les grands noms de la mode et employant 2500 personnes. Puis la mode du chapeau périclita, relate Maires de France, et la dernière chapellerie chazelloise ferma ses portes dans les années 1990. Dans le cadre de la rencontre Innov'Rural 2012: pour un rural compétitif, consacrée à la création d'activité en milieu rural, une douzaine d'expériences avaient été présentées, dont la réhabilitation de l'ancienne usine chapelière de Chazelles-sur-Lyon pour redéployer un atelier-musée du chapeau, développer le centre de formation en mode-chapellerie, et soutenir les jeunes entreprises de la mode et des métiers d'art au sein d'une pépinière. L'ouverture du site était prévue pour l'année suivante. En 2014, le magazine Maires de France raconte comment le territoire a su relancer une filière, avec quelles synergies, quels acteurs et quel montage financier et dresse un bilan. Pour sa première année d'ouverture, la chapellerie a reçu 30 000 visiteurs !