alimentation

"Habilitation à l'aide alimentaire, la nouvelle donne"

C'est le titre d'un article de La Gazette, qui rapporte que l'aide alimentaire "vient de quitter le code rural et de la pêche maritime pour le code de l'action sociale et des familles (...). Un décret du 4 juillet [2019] définit son objet comme « la fourniture de denrées alimentaires aux personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale » (et non plus, comme avant, aux personnes « les plus démunies »)". Le texte redéfinit les conditions d'habilitation des associations qui distribuent des denrées alimentaires ou bien les fournissent aux associations et aux CCAS/CIAS comme c'est le cas des Banques alimentaires. Les nouvelles modalités de l'habilitation à l'aide alimentaire qui permet aux associations de recevoir des contributions publiques sont entrées en vigueur le 1er octobre 2019. Les associations disposant d'une habilitation en cours de validité ont un délai d'un an pour se mettre en conformité.

"Mangeons 24" : une SCIC pour l'alimentation locale

Lancée à l’initiative de la chambre d'agriculture avec les collectivités locales et le soutien du département de la Dordogne, la Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) Mangeons 24 met en relation une cinquantaine de producteurs du Périgord et des restaurants collectifs (cantines scolaires, Ehpad) pour favoriser l’approvisionnement en produits agricoles locaux. Avec trois salariés (dont l'un est mis à disposition par la chambre d’agriculture), Mangeons 24 assure la centralisation des demandes et des offres, transport et stockage, livraison, facturation et gestion administrative… Un article de Territoire conseils décrypte cette initiative, qui peine encore à atteindre l'équilibre financier.

"Un paysan moderne qui a fait le choix d'être libre, pauvre et fier"

Trentenaire, installé en agriculture en 2015 non loin de Moulins-sur-Allier, Pierre Gayet est passionné de semences paysannes et de biodiversité. L'agriculture, il la conçoit sans subvention ni produit chimique de synthèse, selon Le Monde qui en dresse un portrait. Le travail, il le fait seul. Ses premières productions, il peine à les vendre sur les marchés ou à la ferme. Il se fait finalement (re)connaître via les réseaux sociaux, et ce sont des chefs parisiens réputés qui s'approvisionnent chez lui. Toute sa production y passe : maïs multicolores, amarantes, cacahuètes tigrées, framboises jaunes, cassis blancs, menthe pamplemousse et menthe fraise, basilics divers, physalis, tomates anciennes et piments exotiques. Il a désormais le label Collège culinaire de France, et le 13 heures de TF1 est même venu faire un reportage chez lui. Son revenu mensuel : moins que le SMIC.

17,7% de l'emploi privé rural relève de l'ESS

Un chiffre qui ressort d'une étude sur la place de l'ESS en milieu rural publiée en juillet 2019 dans le cadre du projet TRESSONS soutenu par le Réseau rural national et le FEADER. Pour l'Avise, cette étude "montre que l'ESS occupe une place plus importante dans l'économie des territoires ruraux que dans celles des zones urbaines et péri-urbaines, et que le nombre d'emplois dans l'ESS a augmenté depuis la crise économique de 2008 (+ 4,9% entre 2008 et 2015) contrairement au reste de l'économie (avec une baisse de 2,6% d'emplois dans le secteur privé hors ESS et une baisse de 8,4% dans l'emploi public)." On trouvera également dans le document des informations sur les caractéristiques spécifiques de l'emploi ESS en milieu rural, et notamment les secteurs d'activité dans lesquels elle est la plus présente, les caractéristiques et les conditions d'emploi, les profils des salariés.

35 agriculteurs rachètent un supermarché

35 paysans (agriculteurs bovins ou ovins, producteurs laitiers, maraîchers, arboriculteurs, viticulteurs, pisciculteurs, apiculteurs...) d’Alsace ont décidé de racheter un supermarché Lild de quelque 400 m² à Colmar pour vendre eux-mêmes leurs produits. Ouvert en décembre 2016, le supermarché Cœur de Paysan propose prix bas et contacts renforcés entre producteurs et consommateurs.

60 initiatives locales de lutte contre la précarité alimentaire et d'alimentation solidaire

Épiceries solidaires, achats groupés, paniers bio locaux accessibles, jardins d'insertion, ateliers cuisine et de sensibilisation. Toutes ces initiatives et bien d'autres sont décrites dans une publication spéciale de RESOLIS, élaborée avec le soutien financier de la Fondation Daniel et Nina Carasso, et qui fait suite aux états Généraux de l’Alimentation (2017) auxquels participait l'association.

A Besançon, une expérience pour rapprocher l'agriculture et la ville

En 2005, l'association Afip Bourgogne Franche-Comté entraînait la communauté d'agglomération du Grand Besançon, la Chambre d'agriculture du Doubs et un CFPPA dans un projet européen : Solidarités agricole et urbaine pour des gains économiques, environnementaux et en termes d'emploi. Celui-ci visait à diversifier et adapter les activités agricoles en contexte périurbain, relier la demande locale et l'offre de produits agricoles, développer la formation, l'insertion et l'emploi dans les activités agricoles et rapprocher les différents acteurs de l'urbain, du périurbain et de l'agriculture. Un dossier de Transrural Initiatives revient sur cette expérience, décrypte les conséquences de cette dynamique (notamment la création d'un Espace-Test-Agricole) et saisit l'occasion pour questionner la place et le rôle de l'agriculture dans les territoires urbanisés.

Actes du séminaire européen "Stimuler l'innovation - comment répondre aux enjeux de la ruralité"

Cette rencontre des 17 et 18 mai 2018, proposée par le Réseau wallon de Développement Rural, était consacrée à des expériences innovantes et à des échanges de pratiques sur l’innovation en zones rurales. Toutes les présentations sont désormais accessibles en ligne. Celles-ci concernent les tiers-lieux, la souveraineté technologique, les systèmes alimentaires territorialisés, l’économie circulaire, les living labs, l'agriculture 4.0, les territoires et villages smart, les solutions pour les personnes âgées, l'agriculture et les forêts face au changement climatique, les initiatives citoyennes...

Agriculture urbaine : potentiel de développement et impacts sur l'environnement et l'aménagement des territoires

Julien Fosse, vétérinaire et biologiste, chef de projet "agriculture et biodiversité" à France Stratégie, propose un état des lieux (ambition, typologie, production, liens à des systèmes alimentaires territorialisés) de l’agriculture urbaine en France et s’interroge sur ses potentialités en matière de production alimentaire (quantités faibles), d’emplois (vivier non négligeable) et environnementaux (globalement positifs pour les villes). Pour l’auteur, "développer l’agriculture urbaine implique aussi d’interroger les segmentations entre villes et campagnes, classiquement envisagées comme séparées par des fronts urbains clairement définis, pour réfléchir à l’imbrication étroite d’usages et de productions, entrant parfois en compétition sur un territoire partagé. Ainsi, développer l’agriculture urbaine implique, pour les décideurs publics, de repenser la gouvernance de leurs territoires afin de faciliter au mieux cette fluidité et cette imbrication entre ville et campagne."

Agriculture urbaine : une diversité de formes et de fonctions

Dans une "Note rapide" de juin 2018, l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France et ses partenaires reviennent sur les fondamentaux de l'agriculture urbaine et distinguent cinq grandes formes et quatre fonctions principales. Et ce document de préciser que "l’agriculture urbaine est ainsi devenue un incontournable des politiques de la ville. Si les collectivités ont déjà bien perçu les nombreux services potentiellement rendus, il leur faut souvent s’adapter pour en permettre le développement (...) [et] de plus en plus de collectivités se dotent de chargés de mission "agriculture urbaine" (...) [et] manifestent le besoin d’être épaulées".

Alimentation et développement durable : plusieurs publications

Au cours de ces derniers mois, plusieurs centres de ressources et acteurs institutionnels ont publié des documents portant sur l'"alimentation durable" et les "systèmes d’alimentation [ou "alimentaires"] durable territorialisés". Ceux-ci s'adressent selon les cas aux acteurs publics et privés et présentent les enjeux et défis d'une agriculture et d’une alimentation durables, des notions clés, des analyses de projets et donnent des clés pour entamer des projets alimentaires territorialisés.

Alimenter les villes, un nouvel enjeu pour l’aménagement du territoire ?

Le pouvoir des villes sur la gestion des espaces agricoles s'est accru en raison de la classification des espaces et de la mutualisation des compétences, et "nous nous trouvons confrontés à une situation dans laquelle deux groupes (agriculteurs et élus urbains), peu habitués à se rencontrer, doivent s'accorder sur une question d'aménagement en grande partie médiatisée par l'alimentation." Dans une publication, la géographe Agnès Terrieux pose ainsi la question de la planification territoriale de l’approvisionnement alimentaire et du nouvel enjeu que peut constituer l’alimentation pour les politiques d’aménagement. La chercheuse y fait l’hypothèse "que la présence de l’agriculture dans des espaces aménagés depuis la ville-centre, c’est-à-dire par ses élus et en fonction de ses besoins, peut être confortée par la logique d’approvisionnement alimentaire de proximité." "Après une période de privatisation de la question alimentaire, écrit-elle encore, les élus comprennent que la préoccupation alimentaire est un facteur de mobilisation des citoyens qu’il est possible d’utiliser pour consolider la présence des activités agricoles au plus près des villes et permettre même dans certains cas son retour dans la ville."

Analyse d’opérations de portage foncier dans des territoires périurbains de Rhône-Alpes et d’Auvergne

Dans les territoires périurbains, l’urbanisation croissante se fait principalement au détriment des espaces agricoles. Associée à des enjeux environnementaux mais aussi alimentaires, la préservation de ces espaces est devenue un enjeu important. Dans ce contexte, des initiatives innovantes émergent, associant parfois au niveau local l’acteur public avec des associations citoyennes, des organisations non gouvernementales ou la profession agricole, afin d’expérimenter de nouveaux modes de sécurisation foncière à l’échelle des territoires. Ils reposent sur l’acquisition de la propriété foncière afin d’en contrôler son usage. Ces initiatives aux motivations initiales variées (mise en œuvre d’un projet agricole, produits de qualité, approvisionnement de proximité ou préservation de l’environnement) ont pour point commun le fait de renouveler la relation entre propriété et usage du foncier. Un article de l’'Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea) présente une analyse de la mise en œuvre de ces opérations dites de "portage foncier", réalisée sur la base d’études de cas dans les régions Rhône-Alpes et Auvergne.

Appel à projets : nouveaux Projets Alimentaires Territoriaux (PAT), démarches exemplaires ou nouveaux projets pilotes répondant aux orientations de la politique nationale de l'alimentation

Pour organismes publics ou privés à but non lucratif, entreprises ou structures à but lucratif, personnes morales de droit public ou personnes morales de droit privé habilitées au titre de l'aide alimentaire - avant le 25 novembre 2019

Le Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation lance la 6e édition de son appel à projets national dans le cadre du Programme national pour l'Alimentation (PNA), en partenariat avec le Ministère des Solidarités et de la Santé et l'ADEME. Seront soutenus : l'émergence de nouveaux PAT, prenant notamment en compte l'approvisionnement de la restauration collective, la réduction du gaspillage alimentaire et la lutte contre la précarité alimentaire ; le développement de projets répondant aux enjeux du PNA concernant la justice sociale, l'éducation alimentaire et l'atteinte des objectifs de la loi EGALIM pour la restauration collective (projets d'essaimage de projets existants ou mise en œuvre de nouveaux projets pilotes innovants).

Après 10 ans, l'épicerie associative d'un village est parvenue à l'équilibre

En 2007, en réaction à la fermeture d'un commerce de proximité, les habitants de Rablay-sur-Layon (789 habitants, Maine-et-Loire) ont réfléchi "à un lieu de rencontre où consommer différemment deviendrait possible", rapporte Maires de France. La création d'une association pour porter le projet a suivi. Et la mairie, associée au projet, a accepté de louer des bâtiments à titre gracieux. 13 000 € sont levés par souscription populaire, ce qui a permis d'ouvrir l'épicerie en 2008. Aujourd'hui, ce sont quatre salariés, un chiffre d'affaire qui s'établit à 500 000 € par an et un lieu qui est devenu "le véritable poumon du village".

Assises régionales de la Recherche, de l’Innovation et du Développement (RDI) en agriculture, agroalimentaire et forêt : document de restitution

Ces Assises, auxquelles Cap Rural a participé, ont été organisées en décembre 2016 par la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Temps d’échanges et de travail entre les acteurs concernés et impliqués, elles ont contribué à construire la mise en réseau de ces acteurs à l’échelle de la nouvelle région. Une restitution a été publiée, qui a vocation à constituer une base de référence pour choisir des thématiques prioritaires en matière de RDI pour le territoire régional.