agriculture

La Lettre du Réseau rural français : août 2016

La publication du Réseau rural s'arrête notamment sur :

  • Le pacte pour la ruralité, signé en juin 2016 par la Région Pays de la Loire, soit huit objectifs et 37 mesures en faveur du renforcement de l’équilibre territorial dans la région.
  • Le plaidoyer du Mouvement européen pour la ruralité en faveur d'un livre blanc de la ruralité, qui nourrirait ainsi la programmation européenne post-2020.
  • Deux projets lauréats de l'appel à projets Mobilisation collective pour le développement rural, à savoir la mise en place d'un réseau rural agroforestier français, et "Clusters, territoires et lien rural/urbain" qui défend l’idée que de ces réseaux et de leur lien avec le territoire peuvent naître des innovations en faveur du développement rural.

"L’installation agricole à bas coût, pourquoi, comment"

"S'il est souvent possible dans un cadre familial de payer progressivement - voire partiellement - son installation (...), c'est rarement le cas pour les personnes qui s'installent en dehors du cadre familial et en particulier pour celles non issues du milieu agricole". Les aides à l'installation sont difficiles à obtenir pour des porteurs de projets considérés comme "atypiques" par l'institution, et certains avancent résolument en dehors du parcours de l'installation aidée. Sous le titre "L’installation agricole à bas coût, pourquoi, comment", un dossier du magazine Transrural initiatives, s'appuyant sur des travaux du Comité d’appui stratégique agricole du MRJC, montre comment des porteurs de projet agricole "ont surmonté ce frein du coût en s'installant à plusieurs, progressivement ou comment les collectivités ont, elles aussi, un rôle à jouer".

"Mangeons 24" : une SCIC pour l'alimentation locale

Lancée à l’initiative de la chambre d'agriculture avec les collectivités locales et le soutien du département de la Dordogne, la Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) Mangeons 24 met en relation une cinquantaine de producteurs du Périgord et des restaurants collectifs (cantines scolaires, Ehpad) pour favoriser l’approvisionnement en produits agricoles locaux. Avec trois salariés (dont l'un est mis à disposition par la chambre d’agriculture), Mangeons 24 assure la centralisation des demandes et des offres, transport et stockage, livraison, facturation et gestion administrative… Un article de Territoire conseils décrypte cette initiative, qui peine encore à atteindre l'équilibre financier.

12 clés pour comprendre l'agro-écologie

C'est sous ce titre qu'une publication du gouvernement présente le "Projet agro-écologique pour la France", projet qui "vise ainsi à produire autrement en repensant nos systèmes de production". "Produire autrement" y est décliné en 12 points clés : former les agriculteurs, développer et animer des projets collectifs, réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, conseiller les agriculteurs, aider la transition, encourager l'agriculture biologique, engager et mobiliser les filières et les territoires, diminuer le recours aux antibiotiques vétérinaires, sélectionner des semences adaptées, enrichir les sols avec l'initiative 4 pour 1000, encourager l'apiculture, utiliser l'arbre pour améliorer la production. Ces 12 points sont explicités dans le document, accompagnés des outils et dispositifs mis en place dans le cadre de ce projet gouvernemental.

2006-2012 : évolution de l’occupation des sols en Auvergne-Rhône-Alpes

La Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) d'Auvergne-Rhône-Alpes a diffusé une note sur les résultats issus du service du programme européen Copernicus, lequel publie régulièrement une photographie complète de l'occupation du sol français depuis 1990. Ce document pointe un ralentissement de l’artificialisation entre 2006 et 2012.

35 agriculteurs rachètent un supermarché

35 paysans (agriculteurs bovins ou ovins, producteurs laitiers, maraîchers, arboriculteurs, viticulteurs, pisciculteurs, apiculteurs...) d’Alsace ont décidé de racheter un supermarché Lild de quelque 400 m² à Colmar pour vendre eux-mêmes leurs produits. Ouvert en décembre 2016, le supermarché Cœur de Paysan propose prix bas et contacts renforcés entre producteurs et consommateurs.

A Besançon, une expérience pour rapprocher l'agriculture et la ville

En 2005, l'association Afip Bourgogne Franche-Comté entraînait la communauté d'agglomération du Grand Besançon, la Chambre d'agriculture du Doubs et un CFPPA dans un projet européen : Solidarités agricole et urbaine pour des gains économiques, environnementaux et en termes d'emploi. Celui-ci visait à diversifier et adapter les activités agricoles en contexte périurbain, relier la demande locale et l'offre de produits agricoles, développer la formation, l'insertion et l'emploi dans les activités agricoles et rapprocher les différents acteurs de l'urbain, du périurbain et de l'agriculture. Un dossier de Transrural Initiatives revient sur cette expérience, décrypte les conséquences de cette dynamique (notamment la création d'un Espace-Test-Agricole) et saisit l'occasion pour questionner la place et le rôle de l'agriculture dans les territoires urbanisés.

À chacun ses statuts

Un Guide des statuts juridiques, fiscaux et sociaux de la création d’activités en milieu rural a été publié par le réseau des CREFAD (Centre de recherche, d’étude, de formation à l’animation et au développement) et l’association Terres Vivantes 34.

A la recherche du malt local

Le développement des brasseries artisanales en France au cours des dix dernières années s'accompagne d'un besoin de malt croissant. La revue Transrural dénombre aujourd'hui seulement trois malteries artisanales (Côte d'Armor, Ardèche et Tarn), dont l'activité consiste à transformer une céréale (souvent l'orge) en malt, matière première de la majorité des bières. Dans un article dédié à ce sujet, Transrural se penche sur les initiatives de malteries, notamment celle initiée par l'Association de formation et d'Information des Paysans et des Ruraux (Afipar) de Poitou-Charentes, qui étudie la possibilité d'une production locale et artisanale de malt pour l'approvisionnement des brasseurs artisanaux de la région.

Accompagnement des agriculteurs dans la transition agroécologique

Le 26 juin 2015, des organismes réunis au sein du pôle d'excellence Agrapole, dont Cap Rural, ont organisé une rencontre sur ce thème autour de la question : quelles synergies entre acteurs et actrices de la recherche, du développement et de la formation ? Une publication fait suite à cette journée, revenant sur les échanges et proposant des liens vers les vidéos d’expériences présentées à cette occasion. Les principaux points traités : expérimenter et co-construire avec les agriculteurs des systèmes de productions agroécologiques, penser les liens producteurs-consommateurs dans les systèmes agroécologiques, accompagner la transition agroécologique lorsqu'on est une collectivité territoriale, produire et économiser de l'énergie par des dynamiques collectives...

Accompagner et financer localement les projets d'installation agricole

Retour de session

Cap Rural a organisé le 30 mars 2018 une webconférence dont l'objectif était de faire connaître le dispositif national d'accompagnement et de financement des projets d'installation et de développement agricole porté depuis quelques mois par le réseau Initiative. 

A cette occasion, Initiative Seuil de Provence Ardèche Méridionale a présenté le réseau Initiative (organisation, missions, actions...) et le dispositif dédié aux projets agricoles, à partir de l'expérience mise en place sur le sud Drôme et Ardèche.

Accompagner et financer localement les projets d'installation agricole

Retour de session

Cap Rural a organisé le 30 mars 2018 une webconférence dont l'objectif était de faire connaître le dispositif national d'accompagnement et de financement des projets d'installation et de développement agricole porté depuis quelques mois par le réseau Initiative. 

A cette occasion, Initiative Seuil de Provence Ardèche Méridionale a présenté le réseau Initiative (organisation, missions, actions...) et le dispositif dédié aux projets agricoles, à partir de l'expérience mise en place sur le sud Drôme et Ardèche.

Accueil et intégration des ressortissants étrangers

Comment faciliter l’intégration socio-économique et l’accueil des ressortissants étrangers à leur arrivée ? Porté par des associations italiennes et espagnoles, en partenariat avec RESACOOP, le projet D.I.S.Co.R.S.I Migranti (pour Dialogue Interrégional sur les Services en termes de Compétences, Résidence et Santé pour l’intégration des migrants) s’intéresse aux solutions mises en place par les institutions et la société civile. Premier objectif du projet : observer les pratiques innovantes ou émergentes et les services disponibles en Auvergne Rhône-Alpes et en Catalogne, pour proposer des ajustements dans le Piémont. Un ensemble de ressources est déjà en ligne. Face à l'urgence d'un accueil adapté aux mineurs non accompagnés, l'observatoire national de l'action sociale a publié en janvier 2018 une étude montrant comment certains départements ont réussi progressivement à transformer leur offre d’accueil et d’accompagnement de ce public afin de favoriser son intégration sociale. De son côté, Transrural Initiatives publie un dossier "Repenser l'accueil des migrants dans les territoires ruraux", qui fait suite au colloque organisé par le Réseau Civam et Accueil Paysan en 2017, proposant notamment des expériences d'accueil. Enfin, deux articles pointent le rôle des médiathèques dans l'accueil et le parcours des migrants. Enfin, un autre article de La Gazette montre comment plusieurs villages auvergnats "ont fait de l'accueil de réfugiés une deuxième nature".

Actes du séminaire européen "Stimuler l'innovation - comment répondre aux enjeux de la ruralité"

Cette rencontre des 17 et 18 mai 2018, proposée par le Réseau wallon de Développement Rural, était consacrée à des expériences innovantes et à des échanges de pratiques sur l’innovation en zones rurales. Toutes les présentations sont désormais accessibles en ligne. Celles-ci concernent les tiers-lieux, la souveraineté technologique, les systèmes alimentaires territorialisés, l’économie circulaire, les living labs, l'agriculture 4.0, les territoires et villages smart, les solutions pour les personnes âgées, l'agriculture et les forêts face au changement climatique, les initiatives citoyennes...

Actualités du réseau rural français

Les rencontres annuelles du réseau rural national (16-17 novembre 2017 à Rennes) et le lancement sous peu d'un nouveau site internet (fin octobre 2017) sont annoncées dans sa dernière lettre d'information de septembre. On y trouve également des informations sur le projet COLLAGRO (prise en compte des groupes d’agriculteurs en transition agroécologique dans les politiques publiques), les usages des services publics en ligne, l'expérience d'une SCIC proposant une "boîte à outils digitaux" pour les TPE-PME en milieu rural, la situation et l'avenir du magazine Transrural initiatives.

Agriculteur cherche artisan en mal de locaux pour partager sa ferme

Dans les zones rurales d'Ile-de-France, nombre d'agriculteurs disposent de bâtiments vides, dotés d'un certain cachet, et dont ils pourraient tirer un complément de revenu. La Safer et la chambre d'artisanat d'Ile-de-France ont signé une convention de partenariat originale, pour faciliter la reconversion des bâtiments agricoles en locaux artisanaux.

Agriculteurs, consommateurs et naturalistes se regroupent pour sauver un grand domaine, l’activité d’élevage et les espaces naturels

Située en Vendée, la ferme des Cochets est un corps de ferme entouré de 80 hectares de prairies naturelles et de fossés. Trois jeunes paysans (projets d'élevage biologique de races menacées) se sont associés à trois associations (une de consommateurs, une de producteurs locaux et la LPO Vendée) pour acheter cette ferme en 2017 et porter un projet écologique, agricole et créateur de lien social (accueil sur site, sorties nature, magasin de producteurs et visites de la ferme). Un projet collectif en faveur des circuits courts (transformation de produits à la ferme et commercialisation en vente directe) et des zones humides, qui s'est appuyé sur du financement participatif (15 465 € collectés sur un objectif de 10 000 €...). 

Agriculture en ville : et si l'on parlait de ruralification ?

Olivier Bories, maître de conférences en aménagement de l’espace (forêt, paysage, espaces naturels) à l'Ecole nationale de formation agronomique (ENFA), distingue plusieurs agricultures urbaines : les agricultures urbaines professionnelles  (ex. : maraîchage), les non professionnelles (ex. : potagers), et les hybrides (portées par des structures privées qui poursuivent des intentions à la fois productives et sociales). "Les agricultures urbaines qui se développent à l’échelle mondiale sont des « extraits de campagne » qui pénètrent la ville, réactivant l’utopie de la cité fertile. Or si l’on connaît mieux la périurbanisation, il faut désormais s’intéresser à la ruralification. Jamais nommé ainsi, ce phénomène social désigne l’insertion de l’activité agricole dans un espace qui ne lui est pas dédié et peut-être à des modes de pensée empruntés au monde rural". Explication de ce concept par Olivier Bories.

Agriculture urbaine : potentiel de développement et impacts sur l'environnement et l'aménagement des territoires

Julien Fosse, vétérinaire et biologiste, chef de projet "agriculture et biodiversité" à France Stratégie, propose un état des lieux (ambition, typologie, production, liens à des systèmes alimentaires territorialisés) de l’agriculture urbaine en France et s’interroge sur ses potentialités en matière de production alimentaire (quantités faibles), d’emplois (vivier non négligeable) et environnementaux (globalement positifs pour les villes). Pour l’auteur, "développer l’agriculture urbaine implique aussi d’interroger les segmentations entre villes et campagnes, classiquement envisagées comme séparées par des fronts urbains clairement définis, pour réfléchir à l’imbrication étroite d’usages et de productions, entrant parfois en compétition sur un territoire partagé. Ainsi, développer l’agriculture urbaine implique, pour les décideurs publics, de repenser la gouvernance de leurs territoires afin de faciliter au mieux cette fluidité et cette imbrication entre ville et campagne."

Agriculture urbaine : une diversité de formes et de fonctions

Dans une "Note rapide" de juin 2018, l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France et ses partenaires reviennent sur les fondamentaux de l'agriculture urbaine et distinguent cinq grandes formes et quatre fonctions principales. Et ce document de préciser que "l’agriculture urbaine est ainsi devenue un incontournable des politiques de la ville. Si les collectivités ont déjà bien perçu les nombreux services potentiellement rendus, il leur faut souvent s’adapter pour en permettre le développement (...) [et] de plus en plus de collectivités se dotent de chargés de mission "agriculture urbaine" (...) [et] manifestent le besoin d’être épaulées".