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Commission Cap Rural : les orientations pour 2018

Acteurs du développement : 2017, une année de transition - 2018, une année de challenges !

Si 2016 était une année de grands changements pour les territoires, 2017 est celle "de la digestion", de la réorganisation, où chaque structure essaie de se mettre en ordre de marche en s’adaptant aux nouveaux contextes, à son nouvel environnement géographique ou institutionnel, à ses nouvelles capacités d’action (compétences/RH/budget). Les conséquences sur le développement local sont nombreuses : du repli, de la frilosité, peu d’idées et de projets nouveaux :

  • Des intercommunalités qui fonctionnent en "silos" organisés sur la base de leurs compétences réglementaires, des associations exsangues
  • Des professionnels qui se retrouvent sans emploi ou sur des postes techniques (voir de direction ou de gestion) mais à qui il est de moins en moins demandé de faire du développement local

Heureusement, certaines structures où la culture du développement local est plus affirmée ou d’autres dont le périmètre et l’organisation ont peu bougé gardent une capacité d’action importante et arrivent à se créer de nouvelles marges de manœuvre (en explorant de nouveaux modes de financement, en faisant de nouvelles alliances…). C’est aussi le cas de réseaux militants du local ou entrepreneuriaux qui portent des initiatives collectives et essaient de s’affranchir des nouvelles contraintes.

L'espoir pour 2018 : que progressivement chacun "lève le nez du guidon", prenne conscience que pour donner du sens à l’action il faut avoir des projets, que les habitants des territoires, comme les entreprises, ont besoin d’une écoute, que les initiatives locales sont nombreuses et déterminantes pour la vitalité et la solidarité dans les territoires ruraux.

Les défis pour 2018

Des acteurs locaux qui comprennent les nouvelles situations et dépassent les cadres anciens

Quelle que ce soit la structure (association, commune, EPCI, PNR…), élus et salariés sont confrontés à plusieurs défis :

  • S’approprier les nouveaux périmètres pour en avoir une vision d’ensemble et ainsi être capable de raisonner des stratégies de développement à ces nouvelles échelles
  • Comprendre les nouvelles organisations pour les faire évoluer, réorganiser les transversalités et les partenariats nécessaires au développement local. Travailler les coopérations, les mutualisations pour dépasser les concurrences entre, et au sein, des territoires
  • Articuler les différentes politiques (investissement / développement, aménagement, planification / développement, rural / urbain…), les différents moyens (financements, ingénieries) pour plus de cohésion dans les territoires, plus de solidarité
  • Comprendre les nouvelles dynamiques d’acteurs qui se font jour, les évolutions des rapports de force au sein des nouveaux territoires et encore plus dans les très grands territoires (métropoles, intercommunalités XXL…) et raisonner en conséquence le rapport urbain/rural
  • S’adapter aux nouvelles modalités de financement (appels à projets, investissements…)

Une ingénierie de développement proactive pour dépasser les nouvelles contraintes

  • Se former aux nouveaux profils de postes qui émergent (direction, gestion des politiques contractuelles, veille financière…) car leur crédibilité en dépend
  • Être proactif : comprendre les situations, analyser, partager, proposer, convaincre pour faire bouger les cadres actuels
  • Faire le pas : changer d’employeur, de territoire, de métier pour ne pas s’enfermer dans des situations parfois trop inconfortables, complexes ou conflictuelles
  • Jouer les solidarités, la mutualisation, la coopération, le partenariat plutôt que les compétitions et les concurrences
  • S’adapter au fonctionnement d’organismes plus grands, le comprendre (services / pôles, hiérarchie, éloignement des élus…) et développer de nouvelles manières de travailler
  • Être force de propositions de développement local en démontrant sa portée
  • Faire reconnaître leurs compétences et leur potentiel auprès des hiérarchies qui ne connaissent pas les métiers et les professionnels du développement local

Pour Cap Rural : quatre priorités guideront l’action en 2018

L’action de Cap Rural visera autant à aider les acteurs des territoires très déstabilisés à reconstruire des règles du jeu de l’action locale qu’à accompagner ceux qui continuent à faire du développement local.

  • Promouvoir le développement local dans les intercommunalités :

    • Démontrer aux décideurs son pouvoir d’action, sa capacité à répondre à leurs aspirations ainsi qu’à celles des habitants et des acteurs économiques
    • Accompagner les ingénieries, les nouveaux emplois (ingénierie financière, politiques contractuelles, urbanisme…), les nouvelles formes d’ingénierie issues des transitions
    • Mettre en avant des expériences même modestes, conduites par une diversité d’acteurs pour montrer que c’est possible. En parallèle promouvoir les projets de grande ambition pour montrer leurs effets d’entrainement

  • Promouvoir l’ouverture vers toutes les composantes du territoire (institutionnels, société civile, porteurs de projets collectifs…) et l’intelligence collective en profitant de toutes les occasions (projet de territoire, schémas de développement ou d’organisation, programmes d’investissement…)

  • Aider les élus et les agents de développement à comprendre ce qui se joue, là où il faut et où il est possible d’agir et à adapter leur positionnement et leur accompagnement des projets et des porteurs de projets

  • Permettre aux ruraux de s’emparer des questions primordiales qui les concernent (ressources, agriculture-alimentation, communs…) et de répondre aux défis actuels (précarité-pauvreté, services aux populations, numérique, mobilité…)

L'offre de service 2018 de Cap Rural sera communiquée prochainement.

Ces orientations sont issues des travaux de la commission Cap Rural du 18 octobre 2017.

Les co-présidents de Cap Rural :
Claude Aurias, conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, vice-président du conseil d’administration de l’EPLEFPA de Valence, Le Valentin
Maurice Chalayer, directeur de l’EPLEFPA de Valence, Le Valentin