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Les Français et leurs territoires : vécus et attentes vis-à-vis des pouvoirs publics

Déménager pour trouver un nouveau travail quand on vit dans une zone sinistrée ou attendre des pouvoirs publics qu’ils redynamisent les territoires délaissés ? A la demande du CGET, une enquête nationale du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) portant sur le lien entre territoire et opportunité d’accomplissement personnel du point de vue des Français donne, selon La Gazette, "des pistes de réponse tout en soulignant l’urgence de la situation". "Si l’approche individuelle de la mobilité des résidents dans des territoires délaissés a eu les faveurs de l’État ces dernières années, continue l'hebdomadaire, les résultats de l’étude poussent plutôt à renforcer l’attractivité des zones les moins favorisées."

Les principaux enseignements de l'enquête

Premier enseignement : près de neuf Français sur dix se disent satisfaits de leur cadre de vie (logement, transports, services...). Plus on s’éloigne des zones à forte densité urbaine, plus le taux de satisfaction augmente. Néanmoins, trois sur dix éprouvent le sentiment d’habiter dans un territoire en grande difficulté.

Deuxième enseignement de l’étude : près d’un Français sur trois estime vivre dans un territoire délaissé par les pouvoirs publics. Et ce sentiment d’abandon est plus prégnant chez les habitants de communes isolées que chez ceux vivant dans des communes appartenant à un grand pôle. Ce sentiment de relégation ne s’explique pas seulement par la commune de résidence : il est aussi lié à la situation sociale et économique des individus.

Surprise de cette étude : les habitants des quartiers prioritaires ne sont pas davantage concernés par ce sentiment. "Peut-être parce qu’ils ont conscience de vivre dans un territoire qui bénéficie d’une action renforcée de la part des pouvoirs publics", suppose l’enquête. Elle souligne également que "les quartiers prioritaires sont en outre souvent situés à proximité des grandes agglomérations".

Cependant, plus de la moitié des Français se sentant délaissés ne souhaitent pas déménager vers un territoire plus attractif. Un tel phénomène s’explique d’abord parce que les populations qui se sentent délaissées "sont fortement attachés à leur commune, comme l’ensemble des Français", souligne l’enquête. Et surtout parce que "la capacité à se projeter dans un déménagement est fortement liée à la situation personnelle et à la confiance en l’avenir", détaille l’enquête. Et ce pour plusieurs raisons : une situation financière qui ne permet pas de faire face aux coûts d’un déménagement, l’impossibilité de s’appuyer sur un réseau relationnel dans le nouveau territoire et la difficulté à retrouver un emploi.

L’étude montre d’ailleurs que "si on observe davantage de retours à l’emploi chez les chômeurs qui ont changé de département, cela est surtout lié au fait que les plus mobiles sont ceux qui présentent le plus d’atouts pour réintégrer le marché du travail, notamment en terme de diplôme".

Trois personnes interrogées sur quatre privilégient la possibilité de réaliser leurs projets là où elles vivent. Plutôt que des aides à la mobilité, elles attentent prioritairement une intervention de l’État dans le domaine de l’emploi, de l’amélioration des transports en commun et de l’offre de soins.

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Mots-clés: emploi, social, mobilité, travail, services, création d'emplois, Etat, entreprise